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Ahmed Raissouni
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Sexualité: Raissouni traite les Marocaines de femmes «perverties»

Par Amyne Asmlal le 20/10/2019 à 20h42

Kiosque360. Ahmed Raissouni a choisi une façon pour le moins étonnante de remercier toutes ces militantes associatives du collectif des 490 «hors-la-loi», qui ont pris la défense de sa nièce. Les détails.

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A peine tue la polémique soulevée par l’arrestation et la condamnation de Hajar Raissouni pour «avortement illégale», entre autres, voilà qu’elle reprend de plus belle. Cette fois, c’est son propre oncle, Ahmed Raissouni, qui, par une sortie médiatique pour le moins inattendue, est venu jeter de l’huile sur le feu. Ahmed Raissouni a proféré des propos indignes d'un président de l’Union internationale des oulémas musulmans et de l’un des idéologues les plus influents du mouvement islamiste marocain, relève le quotidien Assabah dans son édition du lundi 21 octobre. D’autant que l’ancien président du MUR s’est délibérément attaqué au militantes du collectif des 490 «hors-la-loi».

 

Ainsi, dans une chronique qu’il a intitulée «Je suis pour les libertés individuelles… », largement partagée sur les réseaux sociaux, l’idéologue du MUR, bras idéologique du PJD, s’est défoulé sur ces femmes qui, en manifestant publiquement et dans le cadre de la loi, ont appelé à l’abrogation des textes de loi incriminant l’exercice des libertés individuelles. «Récemment, nous avons vu des certaines femmes perverties brandir des banderoles déclarant qu’elles ont eu des relations sexuelles interdites et qu’elles recourent à l’avortement. C’est ce qu’ils leur ont appris, bien qu’apparemment et malheureusement pour elles, elles n’ont pas trouvé le chemin du sexe, que ce soit dans un cadre licite ou illicite», a-t-il écrit dans cette chronique.

 

Ahmed Raissouni, constate le quotidien, s’est ainsi attaqué de manière violente et inédite aux femmes et à leur mouvement qu’il a tenté de dénigrer en les traitant de «perverties», entre autres, au lieu de les remercier d'avoir pris la défense de sa nièce, condamnée à la prison ferme pour «avortement illégale» et «relations sexuelles hors mariage» puis graciée par le roi, souligne, pour sa part, le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du même jour. «Je suis pour les libertés individuelles» a-t-il affirmé, mais ces militantes ont été «aveuglées sur les voies du sexe sacré, elles sont devenues folles et leurs cris se sont élevés uniquement pour le sexe sale», rapporte le quotidien.

 

C’est que, poursuit-il, pour les défenseurs des libertés individuelles, ces dernières «se limitent à certaines pratiques perverses et actes immoraux, telles que la fornication, l’homosexualité et l’adultère, ou encore l’ivresse publique ou le fait de manger en public pendant le mois de ramadan», relève le quotidien Assabah. Les propos de l’ancien patron du bras idéologique du PJD ont suscité de vives réactions, également sur les réseaux sociaux. C’est ainsi, note le quotidien, que des acteurs associatifs, des défenseurs des droits de l’Homme et «influenceurs» sur les réseaux sociaux, entre autres, ont condamné ses propos, les qualifiant de «minables», tout en tournant en dérision leur auteur.