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Traite d'êtres humains: 10 ans de prison pour deux Marocaines

Par Mohamed Younsi le 16/09/2020 à 20h58

Kiosque360. La fuite d’une jeune fille marocaine de l’enfer de l’exploitation sexuelle à Ouagadougou a été à l’origine de l’arrestation et la condamnation à la réclusion criminelle de deux proxénètes à El Jadida. Le modus operandi de ce réseau de traite d'êtres humains.

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Le tribunal de première instance d’El Jadida a condamné deux Marocaines à une peine de réclusion criminelle de cinq ans chacune. Ces deux Marocaines étaient poursuivies pour leur implication dans un réseau spécialisé dans l’immigration et l’exploitation sexuelle de jeunes filles au Burkina Faso. L’une a été poursuivie en état de détention, alors que sa complice a été condamnée par contumace. La même juridiction avait déjà condamné une troisième Marocaine, considérée comme accusée principale dans cette affaire, à cinq ans de prison ferme.

 

Les mises en cause ont été poursuivies par le juge d’instruction près le tribunal de première instance d’El Jadida pour leur implication dans des affaires d'immigration illégale et de trafic d’êtres humains au Burkina Faso, rapporte le quotidien Assabah dans son édition de ce jeudi 17 septembre. Ce réseau a été démantelé dans la localité de Bir Jdid par la police judiciaire d’El Jadida sur la base de renseignements fournis par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) qui a été informée par l’ambassade du Maroc au Burkina Faso.

 

L’affaire a éclaté lorsqu’une jeune fille, roulée par les membres de ce réseau dans la ville de Ouagadougou et forcée à se prostituer, s’est adressée à l’ambassade du Maroc pour déballer tout le modus operandi de ce réseau à partir du Maroc jusqu’à l’aéroport de Ouagadougou. La victime a raconté qu’elle avait été recrutée comme serveuse dans un restaurant et night-club, avant de se retrouver forcée d’accompagner les clients sur instruction du couple de gérants libanais. Dès son arrivée à l’aéroport, le Libanais lui a retiré son passeport et sa carte d’identité nationale, après lui avoir fait signer un contrat dont elle ignorait les clauses.

 

Dans ce lieu, fait savoir la victime, plusieurs Marocaines s’attablaient chaque soir dans l’attente des commandes des clients qui payaient les services à l’épouse du Libanais gérant du restaurant. La victime, poursuit le quotidien, a résisté durant vingt-cinq jours avant de décider de prendre la fuite et de se diriger vers l’ambassade du Maroc. C’est ainsi que les investigations menées par les services sécuritaires, conclut Assabah, ont permis l’arrestation des proxénètes impliqués dans cette affaire à El Jadida.