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Vidéo. Agadir: voici comment une décision communale menace l’avenir de personnes sourdes ou malentendantes

Par Mohand Oubarka le 25/04/2021 à 18h28

Les responsables de l’Association de sauvegarde et protection des sourds d’Agadir ont été sommés de vider le local qu’ils occupent depuis 1994, un lieu d’apprentissage et de formation. Une décision qui met dans l'embarras cette ONG, ses membres et bénéficiaires. Témoignages et indignations.

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De la stupéfaction. C’est ce qu’ont ressenti et les responsables et membres de l’Association de sauvegarde et protection des sourds d’Agadir lorsqu’un huissier de justice était venu leur soumettre une sommation, celle de quitter les locaux qu'ils occupent depuis 27 ans. A l'origine de cette décision de justice, le Conseil communal de la ville.

 

Pour le président de cette association, Khaid Ait Hmida, «c’est une décision surprenante et incompréhensible». «Surtout, regrette-t-il, qu’on nous demande d’évacuer les lieux dans un délai très court: avant le 15 septembre prochain.»

 

Ce militant associatif assure que les membres de l'association ne veulent pas aller à l'encontre des projets futurs du Conseil de la ville. «Mais le problème, c’est qu’on demande de quitter les lieux sans nous proposer aucune alternative», s’indigne notre interlocuteur, qui s’interroge sur le sort des personnes actuellement en formation ou qui préparent des examens. 

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Créée en 1994, l’Association de sauvegarde et de protection des sourds a pour objectif de «promouvoir les moyens d’expression, de communication, d’enseignement et de recherche entre entendant et malentendant». Elle a développé des partenariats avec plusieurs ONG et organismes nationaux, dont l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et l’Entraide nationale.

 

L’association vise l’intégration des personnes sourdes et malentendantes dans le tissu social, en leur garantissant des formations spécifiques dans différents domaines. Des ateliers sont ainsi organisé à longueur de l’année pour les aides à parachever leur formation. «Nous sommes sur d’autres projets ambitieux pour développer les activités de notre association et en faire un exemple au niveau national», explique Khalid Ait Hmida.

 

Toutefois, les responsables associatifs remettent en cause la gestion communale de la capitale du Souss, et critiquent surtout l’absence d’une approche participative.

 

«Comment cela se peut-il que du jour au lendemain, on nous demande de vider les lieux sans nous avoir concertés? Pire encore, le Conseil de la ville n’a même pas daigné répondre à nos correspondances, où nous suggérions de discuter pour trouver une issue à ce problème», s’insurge Fatéma Bechrik, membre de l’association.