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Vidéo. Covid-19: pourquoi le nombre de cas a-t-il explosé à Tanger? Un médecin en première ligne explique

Par Said Kadry le 02/08/2020 à 11h03

Dans une interview avec Le360, Mohieddine Zarouf, anesthésiste-réanimateur, coordinateur de l’unité «Covid» de l’hôpital Mohammed VI de Tanger, explique pourquoi le nord du royaume, et en particulier Tanger, sont devenues la région la plus touchée par le coronavirus. Voici ses explications.

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Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les cas d’infection au coronavirus sont en forte hausse. De vendredi dernier, 31 juillet, au samedi 1er août, les cas testés positifs au Covid-19 se sont élevés à 330 sur un total de 693 cas enregistrés sur tout le territoire national.

 

Dans cette région du nord du royaume, Tanger détient le triste record de 313 contaminations, en 24 heures seulement. Une situation qui inquiète et interpelle. Pourquoi une telle hausse dans cette ville?

 

«Avant de répondre à cette question, je dois d’abord signaler que le virus du Covid-19 a créé une révolution sans précédent dans le monde entier. Il a obligé les pays à fermer leurs frontières, a sérieusement impacté l’économie mondiale. Ce qui me fait dire que nous ne sommes pas face à un virus facile à combattre. Heureusement, le Maroc a rapidement pris les mesures qui s’imposent pour limiter sa propagation. Les villes marocaines qui étaient fortement touchées par le virus sont celles qui ont accueilli des personnes résidant à l’étranger. La ville de Tanger était épargnée parce qu’elle avait fermé ses frontières maritimes», explique Mohieddine Zarouf. 

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Mais la donne a changé, et alors que les autres villes commençaient à voir baisser les cas d’infections, Tanger a commencé à enregistrer une forte hausse des cas de contaminations.

 

«Le fait est qu’il fallait rouvrir les usines et unités industrielles pour que l’économie, un moment à l’arrêt, puisse reprendre. Tanger, qui en abrite un grand nombre, commençait à enregistrer de nouveaux cas. Mais partout dans le monde, c’est le cas: à chaque fois qu’il y a un allègement dans une région, avec un afflux massif de personnes, les cas d’infections augmentent et le nombre de décès aussi», ajoute notre interlocuteur.

 

Pour autant, si la hausse des cas de Covid-19 est liée à la dynamique économique de la ville, la décision de l’allègement de l’état d’urgence sanitaire n’est pas à remettre en cause, d’autant qu’il fallait permettre aux activités économiques de reprendre et aux citoyens de renouer avec leur travail, soit leur source de revenus. 

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«Mais les gens ont cru être à l’abri et ont fait fi des consignes sanitaires dont notamment le port du masque et le respect de la distanciation sociale. C’est la raison principale de cette hausse des cas d’infections», regrette ce médecin, spécialiste en anesthésie et réanimation, qui alerte sur le fait que d’autres villes peuvent connaître le même sort que Tanger.

 

Les déplacements sont également source d’inquiétudes. En se rendant d’un endroit à un autre, sans respect des consignes sanitaires, on fait voyager le virus. C’est le cas surtout pour les jeunes et les personnes en bonne santé, qui peuvent être des cas asymptomatiques, soit être infectés sans que les signes de la maladie apparaissent.

 

Pour conclure, Mohieddine Zarouf tient à lancer un appel à la société civile. «Au début de la propagation du virus, on a relevé une forte mobilisation de la société civile pour sensibiliser les citoyens sur l’obligation de respecter les consignes sanitaires, ce qui a donné ses fruits. Mais au fil du temps, cette mobilisation a beaucoup baissé. J’espère que la société civile reprendra le flambeau et nous aidera à surmonter cette crise.»