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Cover_Vidéo: El Guerguarat: Moi, El Bahja, dépanneur à "Kandahar"
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Vidéo. El Guerguerat: moi, El Bahja, dépanneur à «Kandahar»

Par Fahd Iraqi et Abderrahim Et-Tahiry le 21/11/2020 à 12h23

Le sentier qui sépare les postes douaniers marocain et mauritanien est le lieu de travail d’un as de la récupération et du dépannage. Voici son histoire.

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Au-delà du poste douanier marocain d’El Guerguarat débute la zone tampon que l’on surnomme Kandahar, pour son décor lugubre et l’insécurité qui y régnait avant que les Forces armées royales ne pacifient définitivement la zone. Les abords de la route sont une sorte de casse géante: les carcasses de véhicules s’étendent sur des kilomètres. Un joyeux fourbi où Kamal Zerqi se sent dans son élément. «Tout le monde me connaît à Kandahar», lance devant notre caméra le mécanicien le plus réputé de ce territoire que tout le monde appelle ici El Bahja. «Ma famille est à Bir Gandouz (80 km au nord d’El Guerguerat, Ndlr). Je passe sept jours ici avant de rentrer pour deux trois jours chez moi», dit-il.

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Avec douze ans au compteur passés à Kandahar, le cimetière de voitures n’a aucun secret pour notre Bahja national. Ces véhicules suspendus entre deux frontières, il connaît leurs histoires une à une et surtout les petits trésors qu’ils peuvent recéler. «Ce sont des voitures dont les autorisations de circulation ont expiré. Des mécaniciens comme moi les achètent pour revendre leurs pièces détachées aux Mauritaniens ou aux Sénégalais», nous explique-t-il. «Chaque voiture me laisse un petit pécule: 1.000 à 2.000 dirhams. Parfois on vend à des Mauritaniens toute la voiture en réalisant une marge de 500 dirhams seulement», confie-t-il.

 

Tout comme les routiers, El Bahja a longtemps souffert des blocages répétitifs de cette route par les milices armées du Polisario. Normal, plus aucun de ses clients n’osait s’aventurer dans le périmètre. Sauf que, maintenant que la zone a été définitivement sécurisée par les Forces armées royales, les affaires ont repris pour lui et ses confrères. Pour eux, il y a encore fort à faire dans cette zone: des centaines de cadavres de voitures gisent encore dans un autre cimetière de véhicules encore plus grand. C’est de l’autre côté, juste en face de la douane mauritanienne. Une zone que les autorités marocaines sont d’ailleurs en train de déblayer afin de goudronner ce qui reste encore de ce sinistre sentier de Kandahar. Bientôt relégué à la poubelle de l’histoire…