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Vidéo. Entre professionnalisme et appel du cœur: plongée dans un hôpital dédié au Covid-19 à Casablanca

Par Fatima Zahra El Aouni et Said Bouchrit le 28/03/2020 à 10h03

Le360 vous emmène dans les salles de l’hôpital de Sidi Moumen à Casablanca, transformé en un temps record en une structure apte à traiter des patients malades du Covid-19. Découvrez le dévouement des médecins, infirmières, infirmiers et aides-soignantes, mais aussi leur message. Reportage exclusif.

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Il n’y a pas longtemps, cet endroit était encore un simple hôpital local dans ce quartier populaire qu’est Sidi Moumen, dans la grande banlieue de Sidi Bernoussi, à Casablanca. La progression des cas avérés de Covid-19 dans la métropole économique a poussé le ministère de la Santé à transformer cet établissement hospitalier de quartier en une structure médicale d’urgence, ultra-moderne et exclusivement dédiée aux soins des personnes atteintes par le Covid-19.

 

L’équipe dépêchée sur place par Le360 a pu découvrir une ambiance sans commune mesure avec l’idée préconçue que l’on pourrait avoir d’un hôpital du service de santé publique au Maroc. Le défilé des ambulances, sirènes hurlantes, est incessant. Des véhicules flambant neufs, systématiquement stérilisés une fois leur trajet accompli, et qui, une fois devant la porte d’entrée de cet hôpital, sont accueillis par des équipes de médecins, d'infirmières et d’infirmiers qui prennent immédiatement en charge les patients qui viennent d’arriver. L’état d’alerte règne en permanence dans ces lieux.

 

«Aujourd’hui, nous comptons 40 lits dédiés aux personnes souffrant du Covid-19. Et que ce soit en termes d’équipements ou de ressources humaines, nous sommes prêts. Entre médecins généralistes et spécialistes, ainsi que des infirmières et des infirmiers, sans parler des administrateurs, nous sommes tous mobilisés pour soigner les cas qui nous parviennent», affirme Tariq Yafout, délégué du ministère de la Santé à Sidi Bernoussi. Et de préciser sur cette capacité de 40 lits, 21 sont actuellement (déjà) occupés.

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L’accueil des patients, tout autant que leur prise en charge par les équipes médicales sont aux meilleures normes. Amina Arika, anesthésiste-réanimatrice, indique que «les soins sont prodigués dans le strict respect des protocoles validés par la commission scientifique du ministère de la Santé, et suivant une surveillance aussi permanente que multi-métrique des patients: tension artérielle, fièvre, taux d’oxygène dans le sang, cardiographie, scanner thoracique… Cela, en plus des analyses [effectuées] en laboratoire, pour lesquelles nous disposons d’une structure interne dédiée».

 

Les traitements, également validés par la commission scientifique du ministère de la Santé, sont pour l’heure disponibles en quantités suffisantes. Des boîtes de Nivaquine sont stockées dans la pharmacie de cet établissement médical, un médicament qui contient de la chloroquine, dont le le désormais célèbre professeur Didier Raoult prône l’administration pour traiter les malades du Covid-19.

 

Ce médicament est administré dans cet hôpital de Casablanca sous une étroite surveillance médicale. «N’allez surtout pas vous amuser à en chercher en pharmacie ou le prendre comme prétexte pour sortir de chez vous. Il n’y existe pas», sourit la docteure Arika, non sans malice.

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Leila Loulati, infirmière, préfère quant à elle, laisser d’abord parler ses émotions. «Nous sommes mobilisés pour nos patients et c’est notre travail. J’ai dû sevrer ma fille que j’allaitais encore, pour venir assurer mes fonctions et le fais de gaieté de cœur. C’est mon devoir».

 

Tous sont cependant unanimes. Les meilleures structures et les soins les plus pointus ne suffiront pas sans une réelle prise de conscience de la gravité de cette épidémie par tous. «Tout rassemblement et toute promiscuité sont des risques supplémentaires d’attraper cette maladie. L’augmentation des cas peut mener à des situations incontrôlables», prévient le délégué du ministère de la Santé.

 

«Aidez-nous à aider ceux qui en ont besoin en vous protégeant et en vous confinant chez-vous», s’exclame la docteure Amina Arika. Leila Loulati ne dit pas autre chose: «on ne vous demande rien, mis à part de rester chez vous. Vous avez au moins cette chance d’être parmi ceux que vous aimez. Nous, isolés, nous ne l’avons pas. Restez auprès des vôtres et vous nous donnerez une chance de voir, le plus tôt possible, les nôtres».