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Les pleureuses et les nostalgiques du passé

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Arrêtons de nous lamenter sur le sort de ces grands clubs qui ont quitté le football d’élite. A côté d’un club qui pleure, il y en a forcément un autre qui rit.
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Au Maroc, chaque fin de saison apporte son lot de lamentations. A défaut de comprendre les raisons techniques qui ont causé la chute d’un club, et de bien lire les péripéties de sa saison (pour cela, il faut regarder les matchs, déjà!), on invoque le mauvais sort, la malchance, et on se réfugie dans les louanges du passé.

Ah! Berrechid et ses gloires passées comme Bamous et consorts. Ah! Oued Zem, terre de Hakimi et des résistants. Ah! le Kawkab de Marrakech et son palmarès extraordinaire. Ah! le KAC de Kénitra et sa génération dorée, etc.

Ces lamentations sont stériles et n’apportent rien. Si le CAYB et le RCOZ retournent en Botola Pro D2 Inwi, c’est qu’ils ont bouclé, sur le plan sportif (résultats, niveau de jeu), une saison à la dérive. Et si le KAC et le KACM sont chez les amateurs (3ème division), c’est qu’ils n’ont plus le niveau professionnel. Point barre.

Le CAYB et le RCOZ devraient d’ailleurs faire attention à ne pas se retrouver, dans un an, chez les amateurs. Beaucoup de relégués ont connu une chute vertigineuse, d’année en année. Depuis qu’ils ont quitté l’élite, Al Hoceima ou Kasbat Tadla continuent de creuser leur trou. C’est exactement ce qui est arrivé aux prestigieux KAC et KACM, et avant eux Sidi Kacem, Settat ou Meknès. Et alors? C’est le foot, c’est la loi du sport. Quand on n’a plus le niveau, on laisse la place à d’autres.

Et pour parler de ce passé révolu, qui sait aujourd’hui à quel niveau évolue un club comme la RSK de Kénitra (oui, oui, 2ème niveau amateur), le club des «guêpes», qui nous a donné les Touahria, Jnina ou Ait Salah? Et le Difaâ Ain Sebaâ? Et l’Etoile jeunesse de Derb Ghallef? Et le Mouloudia de Marrakech, qui était pour la ville ocre ce que l’Atletico est pour Madrid, c’est-à-dire le club des masses populaires? Et le Raja d’Agadir, qui semblait avoir une longueur d’avance sur le Hassania? Et l’Ittihad de Mohammedia (USM), le club du génial Houcine?

Et que dire des clubs disparus, engloutis par d’autres, comme la Central laitière (CLAS, plus tard OC), les Forces auxiliaires de Benslimane, l’US Police, le Crédit Agricole, etc.?

Remontons encore plus loin, où est la RAPC, le club qui nous a donné les frères Merry (Krimau et Mustapha), où est l’USM de Casablanca, dite «lyassam», qui raflait tous les titres avant l’indépendance? A quel niveau évolue désormais le Youssoufia de Rabat, où est le Hilal et le club de Takaddoum, que deviennent les clubs fanions de Ouezzane, Essaouira, etc.? Elargissons encore l’assiette, que devient le football travailliste, ou corporatif, avec des clubs phares comme Manatex ou l’Aetco, qui ont brillé sur la scène nationale jusqu’au début des années 1980?

Certains ont tout bonnement disparu. D’autres ont changé de nom ou végètent dans des championnats de district. Ils ont été remplacés par d’autres, qui ont su relever la tête et bossé pour arriver à se faire une place parmi l’élite.

La loi du football d’élite, c’est qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. A côté d’un club qui pleure, il y en a un autre qui rit. Sinon, tous les clubs et toutes les villes et les régions du Maroc ont eu leur heure de gloire, tous ont produit ou vu naitre de grands joueurs, tous méritent le respect. Mais la seule vérité qui compte, c’est celle du présent, du monde d’aujourd’hui. Et dans ce monde, celui qui n’est pas au niveau, qui a perdu pied, eh! bien il cède sa place. Au revoir et merci.

Regardez ce qui se passe actuellement en France, où deux clubs aux noms ronflants, Saint-Etienne et Bordeaux, viennent de quitter l’élite. Bordeaux, place historique du foot, est même rétrogradé administrativement en 3ème niveau national, bientôt le 5ème s’ils ne présentent pas certaines garanties financières pour reprendre à la rentrée.

Et avant Bordeaux, il y a eu la Juventus de Turin, les Glasgow Rangers, l’Olympique de Marseille et tellement d’autres. Ils ont raté une marche, alors ils ont payé. Et cher, très cher. Ils ont accepté leur sort et, derrière, ils ont bossé pour retrouver leur lustre.

Personne ne les a entendus se lamenter en invoquant la mémoire de Platini, Trésor, Zidane, Giresse, Deschamps, Zoff ou Ferguson!

Quand un club est en faillite, il se reconstruit ou s’efface. C’est tout. C’est la règle, et il faut l’accepter.

Au Maroc, il fut un temps où pour «sauver» un ou plusieurs clubs de la chute, on chamboulait les règles du jeu et on allait jusqu’à «gonfler» le nombre de pensionnaires de l’élite. Une véritable mascarade qui nous avait valu, notamment dans les années 1980, de passer à une élite à 20 clubs, ensuite à 24 (avec deux groupes de 12 et des play-offs), du grand n’importe quoi!

Qui a envie de retourner à cette époque, heureusement révolue, qui a fait tant de mal au football marocain?

Par Footix marocain
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