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Quand la peur de perdre tue le foot!

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Au Maroc, et sauf cas exceptionnel, on ne vire jamais un entraineur après un nul. Et c’est peut-être pour cela que certains jouent pour le nul, sans chercher plus loin.
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Le football marocain avait deux tares. La première s’appelait la carence en buts. Jusqu’au début du millénaire, la Botola était l’un des seuls (le seul?) championnats qui tournaient à une moyenne inférieure à deux buts par match. Une misère. C’était surtout le cas dans les années 1980 et 1990. En 1988 et en 1995, pour ne citer que ces deux saisons de triste mémoire, le Raja de Casablanca et le CODM de Meknès étaient devenus champions du Maroc en marquant moins d’un but par match. Ce qui est affligeant, et assez difficile à croire!

Le problème ne pouvait être réglé d’un coup de baguette magique. Parce que les facteurs étaient multiples. Mentalité défensive des entraineurs, état défectueux des terrains (certains ressemblaient à des champs de patates, pendant que d’autres étaient en terre battue!), jeu ultra viril et arbitrage complaisant ne protégeant guère les joueurs offensifs…

Si la Botola est remontée depuis quelques années à une moyenne plus décente, légèrement supérieure à deux buts par match, ce n’est pas le fruit du hasard mais du travail des dirigeants fédéraux, qui ont surtout agi sur deux facteurs: l’arbitrage et l’amélioration des surfaces de jeu.

L’autre tare du football marocain n’a cependant pas été soignée. Il s’agit, tout simplement, de la prépondérance des nuls. La Botola, malgré ses progrès, continue d’enregistrer des records en la matière. Près d’un match sur deux, en moyenne, se termine sans vainqueur. C’est beaucoup trop. C’est triste.

Cette tare, ce problème sera très dur à soigner. Parce qu’il est profondément ancré dans les mentalités. On joue pour ne pas perdre. C’est un formatage. On ne donne pas tout pour gagner parce que, derrière, on a peur de se découvrir et de perdre.

Enchainer des nuls, cela s’appelle faire du surplace. Sur le plan comptable, c’est une mauvaise opération. Mais au Maroc, et sauf cas exceptionnel, on ne vire jamais un entraineur après un nul. Et c’est peut-être pour cela que certains jouent pour le nul, sans chercher plus loin.

Prenez un match comme FUS – Hassania d’Agadir, disputé il y a quelques jours. Deux belles équipes sur le papier. Sur le terrain, elles ont été lamentables. Dès le coup d’envoi, on aurait dit qu’elles ont déjà signé pour un 0-0. Un seul corner pour les locaux, zéro frappe cadrée pour les visiteurs, faites vos comptes, il ne reste rien. Il ne s’est strictement rien passé pendant ce match, qui a été un long calvaire.

Et que dire du coaching? Au lieu de jeter dans le bain des attaquants pour essayer de gagner le match, les deux coachs se sont contentés de faire du poste pour poste, ou de renforcer leur assise défensive, encore et encore. Que dire ?

Des matches comme ce triste FUS- HUSA, où les équipes n’essaient même pas de gagner, la Botola nous en fournit encore beaucoup. Sans doute trop. La solution ? Puisque le problème n’est pas technique (qualité des effectifs ou des surfaces de jeu), il ne reste plus qu’à envisager un coaching mental. Oui. Un psy. C’est peut-être le dernier recours pour lutter la peur phénoménale qui habite certains techniciens…​

Par Footix marocain
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