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Tribune. Quand les clubs de foot deviennent des otages

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Le fair-play financier est vraisemblablement un vain mot dans le football national. Sinon, comment expliquer que des clubs, sans ressources, voire sans budget- déficitaires, en somme-, se permettent le luxe de recruter à tout-va, et à prix fort, SVP? 
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Un gros malaise plane sur le football national. Les prémisses sont déjà là. Sans doute s’en rendra-t-on compte dans les mois à venir ou, au meilleur des cas, la fin de la saison prochaine si la pandémie n’aurait pas eu raison de le relance du championnat.

Ainsi des clubs de Botola, aussi bien les plus capés que les nouveaux élus, dépensent des sommes colossales pour enrôler de nouveaux joueurs. Jusqu’à dix pour certains, voire plus. Et ce n’est que le début, s’amuse-t-on à avancer.

Malmenés (parfois sans égard) par la vox-populi, galvanisés par des succès conjoncturels ou bouffis d’orgueil, des dirigeants de clubs ont ainsi procédé à de plusieurs recrutements. Certains ont même officialisé des transactions cinq étoiles.

Qu’il est bon de voir un dirigeant s’évertuant à redonner une plus-value à son club, s’escrimant à le doter de moyens à même de l’aider à reprendre du poil de la bête- comme on dit. 

Cependant, ces ambitions contrastent avec la réalité des choses. La réalité du terrain financier, surtout. Comment des clubs sans ressources, voire sans budget- déficitaires, en somme-, se permettent-ils le luxe de recruter à tout-va? 

D’où vient l’argent?, se demande-t-on légitimement. D’autant plus que des clubs ayant recruté pas mal de joueurs et en cours de négociations pour en acheter d’autres sont en conflit et dans l’obligation de solder leur passif envers leurs anciens employés (joueurs, entraîneurs…)

Des sommes colossales sont en train d’être dépensées durant ce mercato. On ne communique pas sur les tenants et aboutissants de ces transactions. Et cela dérange. Parce que, connaissant la situation des trésoreries des clubs, déjà défaillantes, la question (d’où vient l’argent?) demeure légitime. 

Tout simplement, nous revoilà face au dirigeant «Moul Choukkara». Une triste réalité dont, apparemment, le football marocain aura du mal à se départir.

Combien de fois des présidents, partis dépités pour manque de résultats, ont assigné en justice leur club pour l’argent qui leur était dû!

C’est dire que de nombreux clubs marocains sont aujourd’hui «otages» de leurs dirigeants. 

«L'histoire est un perpétuel recommencement», disait l'historien grec Thucydide. 

Et ce n’est pas toujours réjouissant. Hélas!​

Par Abdelkader El-Aine
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