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Monsieur le président, changez de chemise, pas d’entraineur!

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A lui seul, le Wydad a consommé pas moins de cinq entraineurs en une saison à peine. Vous vous rendez compte?
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Dans quelques semaines, on saura le nom des entraineurs qui démarreront la prochaine saison de GNF1. On ne saura jamais le nom de ceux qui la finiront. La Botola est un championnat vraiment à part, unique en son genre.

Des 16 entraineurs qui étaient en place, au coup d’envoi de la saison dernière, seuls trois étaient encore là à l’arrivée: Abderrahim Talib (FAR), Tarik Sektioui (Berkane) et Abdelhak Benchikha (Oujda). Trois survivants sur seize, le ratio est parmi les plus pauvres dans le monde.

Même le Raja, beau champion, a changé d’entraineur (Sellami à la place de Carteron) en cours de route. Le Wydad, vice-champion, a consommé pas moins de cinq entraineurs (en comptant l’adjoint Moussa N’Daw), oui, vous avez bien lu : cinq entraineurs pour une seule et même saison. Et on parle du plus grand club marocain, le plus titré sur le plan national!

Vous vous rendez compte?

Le FUS de Rabat, qui a été le club le plus stable sur ces dernières années, a lui aussi changé d’entraineur, Walid Regragui (libéré sans être évincé) laissant la place à son adjoint Mustapha Khalfi. Même le promu Khemis Zemamra, qui effectuait pourtant un parcours honorable pour sa première saison parmi l’élite, a trouvé le moyen de se séparer de son coach (Saïd Chiba) à quelques journées du terme.

Parmi les entraineurs aujourd’hui en place, le plus ancien s’appelle Abderrahim Talib. Et vous savez à combien se monte son «record» de longévité? A 15 petits mois, Talib étant en poste aux FAR depuis juillet 2019 seulement. Soit une saison et des poussières.

En matière d’instabilité technique, notre championnat est donc parmi les plus «performants» dans le monde. C’est préjudiciable parce que la première victime, dans ce cas, est le championnat lui-même et la qualité du football qu’il propose.

Un entraineur qui arrive en cours de saison ne peut rien construire. Il n’a pris part ni à la préparation d’avant-saison, ni au mercato estival. C’est un pompier, un urgentiste, qui vient sauver les meubles, rien d’autre. Il ne fait partie d’aucun projet et peut, à son tour, sauter pour le moindre prétexte.

C’est pour cela que les grands clubs changent rarement d’entraineur en cours de saison, même en cas de mauvaises séries. Ils attendent la fin de saison avant de changer de direction avec un nouvel entraineur, un nouveau projet de jeu, etc.

L’entraineur fait partie de la réflexion qui est menée en interne dans le club. On choisit le profil qui colle à la personnalité de l’équipe, au visage technique qu’on veut lui donner. L’entraineur, dans ces conditions, est une sorte de manager, quelqu’un qui est très impliqué dans le fonctionnement du club, qui l’incarne même.

C’est pour cela que les grands présidents ne se séparent pas facilement de leurs coachs. Si ces derniers échouent, cela veut dire que tout le projet sportif du club est en échec…

Au Maroc, on change d’entraineur comme de chemise. Nous avons même des présidents de clubs, qui annoncent que le nouveau coach a trois matchs pour convaincre. Sinon c’est la porte…

Trois petits matchs pour convaincre, vous êtes sérieux?​

Par Footix marocain
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