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Vidéo. Judo: sans entraineur, Asmaa Niang vise la consécration aux JO

Dans cet entretien à distance avec le360 sport, Asmaa Niang, la championne marocaine de Judo revient sur sa préparation, nous explique les raisons de l’absence de son entraineur à ses côtés lors des Jeux Olympiques de Tokyo et nous parle de ses ambitions au pays du soleil levant. Rencontre.

Le360 Sport: Comment vous êtes-vous qualifiée pour les JO de 2020?
Asmaa Niang:
Je suis très fière de ma lignée dans la qualification directe, grâce à ma présence dans le top 18, cette année. Pour les olympiades de Rio j’avais réussi, malgré le fait que je sois arrivée aux JO à 34 ans, à me qualifier en étant dans le top 14 et donc là encore une qualification directe qui permet de libérer le quota continental. 

Comment se passe votre préparation?
Cela fait plus d’un mois que je suis dans un camp d’entrainement où le niveau est assez élevé. Dans cette période c’est important de prendre une adversité assez solide pour qu’il n’y ait pas de surprise le jour J. Malheureusement, mon entraineur n’est pas là à cause d’un problème de visa, donc je suis toute seule, isolée, sans staff technique, sans entraineur et sans kiné. Mon entraineur arrive à me coacher par visio, le soir, il me dit les points que je dois travailler et nous mettons en place des objectifs.

Que pensez-vous des restrictions sanitaires et des bulles imposées à Tokyo?
Nous n’avons pas le choix de toute façon, c’était ça ou l’annulation des jeux. Donc, il faut se plier aux règles. J’ai confiance en le peuple japonais. Le Japon est un pays où les gens sont très disciplinés et donc j’ai entièrement confiance. Tous les responsables vont mettre en place un climat sein et un climat vraiment propice pour les athlètes.

Les primes allouées aux médaillés marocains ont largement été revues à la hausse, qu'en pensez-vous? Et quel est votre objectif au pays du soleil levant?
A vrai dire, je ne reste pas focus là-dessus. Pour chaque athlète, la première chose qu’il voit c’est sa médaille. Moi, je pars pour ça, je ne réfléchis pas aux primes, j’y vais pour faire une consécration, être la meilleure version de moi-même sur un tapis de Judo, de réussir grâce à tout le travail que j’ai mis en place à l’entrainement, le mettre en place en compétition. Pour moi, c’est ça la plus belle des primes.

Je suis vraiment déterminée comme jamais. Sachant que c’est ma dernière olympiade, je vais tout donner sur ce tapis. Forcément, je vise le Graal, j’ai envie de viser la médaille d’or, comme on dit, il faut viser haut. Le judo marocain n’a jamais eu une grosse médaille. C’est une quête personnelle mais, au final, on la donne à une petite fille, qui habite à Oujda ou à Kenitra, qui me regarde et qui ce dit oui c’est possible. Moi, c’est mon seul but, pouvoir me concrétiser pour pouvoir donner le rêve à d’autres. 

Le doute plane encore sur la présence de votre entraîneur au Japon, comment cela vous impacte-t-il?
Pour un athlète, pendant cette période, il a vraiment besoin de soutien moral, il a besoin d’être épaulé. Malheureusement, je fais cette route toute seule. Après, ça fait très longtemps que j’ai un parcours atypique, donc, je vais finir de manière atypique, c’est ma destinée.
Quand on m’a appelée pour me dire que mon entraineur ne sera pas avec moi aux JO, je me suis effondrée, avec la pression de l’entrainement et tout ça. J’ai ressentie une forte injustice. Maintenant, il ne peut pas y avoir deux entraineurs, il y a un peu de colère, forcément je ne vais pas mentir. Mais mon entraineur ne m’a pas lâchée et je l’en remercie. J’ai pris une décision exceptionnelle; j’ai décidé de monter toute seule sur le tapis.

La délégation marocaine de judo se compose uniquement de deux athlètes féminines est-ce une pression supplémentaire?
C’est la première fois de l’histoire du judo marocain qu’il n’y a pas d’athlètes hommes. Nous partirons 100% judo féminin, moi avec mon classement top 18 et puis Soumia Raoui grâce au quota africain. Une pression supplémentaire, moi je n’en ai pas. Je pense que, aujourd’hui, je n’ai de compte à rendre à personne à part à moi-même. J’ai envie de combattre pour moi et pour le peuple marocain. Il mérite d’avoir cette belle médaille. Un athlète de haut niveau doit prendre conscience que si c’est un rêve personnel, il devient très collectif. Donc, voila, souhaitez moi le meilleur, je donnerais tout sur ce tapis, jusqu'à mon dernier souffle. Tout le monde sait que je suis une guerrière et que je me bats. Inchaallah, la concrétisation sur ce tapis à Tokyo.

Par Mehdi Heurteloup
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