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"Cambrioleurs" ou "ignorants": quand Maradona insultait les maîtres de la Fifa

Diego Maradona. © Copyright : DR
Icône du ballon rond, Diego Maradona n'avait pas peur des pontes du football mondial: l'Argentin, décédé mercredi à 60 ans, s'en est régulièrement pris aux dirigeants de la Fifa, n'hésitant pas à pourfendre les "mafieux", "cambrioleurs", "dictateurs" ou "ignorants", entre autres noms d'oiseaux.
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Le dirigeant que le "Pibe de Oro" a le plus combattu s'appelait Joseph Blatter, patron de la Fifa de 1998 à 2015, qu'il accusait de corruption.

"Il règne à la Fifa une anarchie totale. Il y a un seul homme qui décide de tout et qui ne comprend absolument rien, un ignorant", avait notamment déclaré Maradona à son sujet, en public bien sûr. "Il a fait beaucoup de mal au football", avait-il ajouté pendant la campagne destinée à destituer Blatter.

Blatter "a su s'entourer de cambrioleurs, il a appris à voler à (Michel) Platini", le Français devenu président de l'UEFA, a aussi déclaré Maradona, grand spécialiste des phrases-chocs en toutes circonstances.

Maradona a même soutenu l'éphémère candidature du prince Ali bin Al Hussein de Jordanie à la présidence de la Fifa en 2015, en espérant un poste de vice-président, mais le prince jordanien avait finalement renoncé.

Havelange au water-polo 
L'Argentin a aussi qualifié le Suisse de "dictateur" et l'a aussi comparé à un "vieux chef de la mafia", un sujet qu'il connaissait bien depuis son long séjour à Naples.

"Si j'étais Maradona/Je passerais en mondovision/Pour crier à la Fifa/Que c'est eux les grands voleurs!", chante Manu Chao dans "La vida tombola", son titre hommage au "Pibe de Oro" sorti en 2007.

Après le décès de l'icône argentine, Sepp Blatter ne lui a pas tenu rigueur de toutes ces piques, saluant auprès de l'AFP "un des tout meilleurs joueurs de football de notre époque. Il a marqué la Coupe du monde au Mexique avec la victoire argentine et la +main de Dieu+, qu'il vient de retrouver."

Le premier affrontement du "Diez" avec un président de la FIFA remontait au Mondial-1986, face au président de l'époque, le Brésilien Joao Havelange, à cause des horaires de certains matches, à midi en plein soleil, pour attirer un plus grand nombre de téléspectateurs européens.

Il n'a pas hésité à créer un syndicat de joueurs, pour soutenir sa croisade du moment. Ni à se moquer du président en exercice: "Havelange jouait au water-polo, il ne peut pas parler de football", l'a-t-il taclé.

Courte accalmie 
Par la suite, le Brésilien a essayé d'améliorer leur relation, en le qualifiant de "fils" ou de "petit-fils", mais cela n'a pas plu à Maradona: "Nous avons des origines différentes. Notre relation est impossible et, même s'il me traite de fils, mon vieux père est un saint, comparé à ce type".

Enfin, les débuts de Gianni Infantino à la Fifa ont suscité un peu d'espoir chez Maradona, qui apporta en 2016 son soutien au successeur de Sepp Blatter. Une accalmie de courte durée.

En 2019, les piques recommençaient de plus belle. "J'ai écrit à Infantino parce que depuis que Blatter est parti, rien n'a changé. C'est un manque de respect total. Voilà ce que je pense de la +nouvelle+ Fifa", lâchait Maradona.

Après son décès, Infantino l'a tout de même couvert de louanges dans un communiqué de la Fifa.

"Ce que Diego a donné au football, à nous tous qui sommes des amoureux du football, est unique. C'est, à son image, simplement immense... Diego mérite notre éternelle gratitude pour cela, pour nous avoir émerveillés avec son incroyable talent, pour avoir été si unique: pour avoir été Diego Armando Maradona, une légende, un héros, et... un homme". Un ultime rabibochage.

Par Le360 (avec AFP)
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