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Congo: 50 ans après leur sacre, les Diables rouges suivent la CAN à la télé

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Il y a 50 ans au Cameroun, les Diables rouges du Congo remportaient la CAN. Cette année, ils sont absents de la compétition et les vieilles gloires du foot congolais, qui vivent pour certaines une difficile situation sociale, regrettent cette dégringolade.
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Sur les murs de la véranda de sa maison de Brazzaville entourée de bacs à fleurs, Gabriel Dengaki, 70 ans, a accroché plusieurs photos, dont une où il brandit le trophée remporté en 1972 à Yaoundé.

Cet ancien international, un colosse de 1,86 mètre, souvent coiffé d’un béret noir à la Che Guevara, a fait carrière comme enseignant d’éducation physique avant de prendre sa retraite il y a 10 ans.

Lui qui a entraîné des clubs, au Congo, au Gabon et en République démocratique du Congo, est sidéré de suivre à la télévision cette édition camerounaise de la Coupe d'Afrique des nations, sans l'équipe nationale congolaise, éliminée d’un groupe de qualifications où elle a évolué avec le Sénégal, la Guinée-Bissau et l'Eswatini (ex-Swaziland).

"C’est l’année du cinquantenaire de notre victoire en 1972. La CAN est de retour au Cameroun, on devrait être de la partie", déplore ce père d’une dizaine d’enfants. "Le niveau de notre football a trop baissé. La faute aux dirigeants politiques qui ne veulent pas investir et former dans ce domaine", tempête-t-il.

Des 25 joueurs congolais ayant disputé la huitième édition de la CAN il y a 50 ans, 11 sont encore en vie.

"On essaie de vivre avec le peu qu’on a, surtout que la pension de retraite n’est plus (régulièrement) payée comme par le passé", constate Gabriel Dengaki.

Les anciens fonctionnaires congolais accusent au moins trois ans d’arriérés de pensions.

- "Les moyens ne suivent pas" -
Elu meilleur ailier droit de la CAN 1972, Jonas Bahamboula Mbemba, alias Tostao, 72 ans, ancien agent du centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville, passe aussi des moments difficiles.

La Jeunesse sportive de Makélékélé (JSM), club qu’il a créé, peine à prendre ses marques faute de financements. "Nous avons hissé très haut le drapeau de notre pays. Mais la récompense n’a pas suivi. Nous sommes abandonnés", affirme avec amertume l'ancien international.

"En 1972 nous avons gagné. Et comme prime, on nous a donné 50.000 FCFA (76 euros) chacun. Je pense que c’était une façon pour les politiques de se moquer de nous", se désole Gabriel Dengaki. "On nous a également donné un terrain. J’étais encore élève. Est-ce qu’avec 50.000 FCFA un élève pouvait construire une maison?".

A 70 ans, Noël Minga, surnommé Pépé, champion d’Afrique 1972, est un officier de l’armée à la retraite. Après avoir entraîné plusieurs équipes, il est actuellement directeur technique d’Inter Club (première division congolaise). "Je ne suis pas trop malheureux. D’ailleurs, ça ne sert à rien de se plaindre", déclare-t-il, philosophe.

Il est d’avis que le niveau du football congolais a chuté parce que "les moyens ne suivent pas".

Quand le Congo remportait sa CAN, il ne comptait que deux professionnels dans ses rangs: Bertrand Balekita et François Mpélé, qui évoluaient respectivement à Toulon et Ajaccio en Ligue 1 française. "Je n’imagine pas que la situation sociale de ces deux anciens professionnels soit vraiment reluisante", analyse un chroniqueur sportif sous couvert d’anonymat.

De toutes les gloires de 1972, Jacques Yvon Ndoulou, 77 ans, est celle qui a gravi le plus d’échelons. Officier général de l'armée à la retraite, il a été ministre (de la Défense et des Sports) entre 2002 et 2011. Il est actuellement ambassadeur en République centrafricaine.

Brazzaville n'a pas de monument célébrant la victoire de 1972. Seulement au quartier Moukondo, éloigné du centre-ville, quelques ruelles non aménagées portent les noms des héros.

Par Le360 (avec AFP)
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