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En attendant le Bielsa marocain

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Ce qui manque à la Botola, c’est des entraineurs qui aiment le jeu, les risques, et qui sont capables de vous faire aimer une équipe même quand elle est condamnée à la relégation…
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Tous les puristes aiment Bielsa. Son palmarès d’entraineur n’est pas terrible, mais ses équipes ont toujours été joueuses, spectaculaires, un peu «folles». On l’appelle d’ailleurs le fou (El loco), pour son tempérament d’autiste et surtout pour le jeu absolument irrationnel, mais ô combien romantique, pratiqué par ses équipes.

Bielsa vient de nous rappeler, en une semaine, pourquoi toute la planète foot l’aime. Il vient de faire remonter Leeds parmi l’élite du football anglais et, en deux journées à peine, son équipe a déjà marqué sept buts. Elle en a encaissé autant.

Une défaite (3-4) et une victoire (4-3). Deux matchs, quatorze buts. C’est ce qu’on appelle du football champagne, généreux, ouvert et insouciant, sans calcul, dans lequel tout peut se passer à n’importe quel moment.

Leeds n’est pas le prochain champion d’Angleterre. Mais ses matchs vont devenir une attraction pour tous les amoureux du foot.

A présent, fermons les yeux et rêvons: est-il possible d’avoir un Leeds marocain, autrement dit un Bielsa made in Botola? Est-il possible d’avoir un entraineur qui prône le jeu offensif, qui fait confiance au jeu, qui joue sans calcul?

L‘histoire de la Botola, qui est un championnat ultra-défensif, fait la part belle aux entraineurs épiciers. Les autres, ceux qui prônent un football offensif, sont tellement rares qu’ils ressemblent à des prophètes.

Le seul adepte de ce football champagne s’appelle probablement Abdelhadi Sektioui. Il a eu des résultats à Safi et surtout à Agadir. Mais quand il s’est retrouvé au Wydad, c'est-à-dire au club le plus titré au Maroc, il a renié ses principes et il a fait l’épicier. Et il s’est ramassé!

En dehors de Sektioui, il y a, parmi ceux qui sont encore en exercice, Khalil Boudraâ. Ancien attaquant, qui a fait partie de la grande équipe des FAR des années 1980, il mène aujourd’hui une carrière de coach plutôt ingrate. Adjoint aux FAR, il essaie aujourd’hui d’imposer ses idées en tant qu’entraineur principal à Khémisset, en Botola 2.

L’IZK joue bien, marque des buts, mais les Zemmouris n’ont aucune chance de retrouver l’élite cette année. Vont-ils continuer de faire confiance à Boudraâ?

Comment ne pas parler, pour finir, du cas de Patrice Carteron, qui a repris l’année une équipe du Raja qui était au plus mal. Avec lui, les Verts ont repris des couleurs. Adepte du football offensif, Carteron a fait du Raja une équipe qui marque beaucoup de buts mais qui en encaisse, forcément, beaucoup.

Carteron a fait du bon travail au Raja. Il y avait du Bielsa en lui. Sa recette ultra offensive a ramené le club de Derb Soltane à sa vraie dimension: celle d’un club festif, spectaculaire, qui ne calcule pas. Ce qui n’a pas empêché Carteron d’être licencié…

Moralité: pour avoir un Bielsa, il faut aimer le football offensif et la prise de risques. En d’autres termes, il faut être romantique. Les entraineurs de la Botola, et leurs présidents, ne le sont pas, de toute évidence…

C’est dommage. Imaginez une équipe comme Béni Mellal, déjà condamnée à la relégation et qui continue de garer un bus devant son but et de miser sur le 0-0, alors qu’elle ne manque pas d’atouts offensifs. Imaginez tout le bien que pourrait lui faire un Bielsa marocain, imaginez comment cette équipe pourrait se faire plaisir et nous faire plaisir pour les quelques matchs qui lui restent à disputer parmi l’élite…

Par Footix marocain
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