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Mondial 2026: la dépendance d’Infantino vis-à-vis des Américains mise à nu par les Danois

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L’organisation de l’éthique sportive basée au Danemark, «Play the game», met à nu la complicité d’Infantino avec les Américains pour l’organisation du Mondial 2026. Via une chronologie méthodique et un faisceau d’indices irréfutables, l’auteur démontre que le patron de la FIFA ne refuse rien à ses bienfaiteurs…

On l’appelle le «Chien de garde». Play the game est une organisation non gouvernementale danoise qui veille à la transparence, la démocratie et la liberté d’expression dans le domaine du sport. Dans un article paru le jeudi 1er mars 2018, le journaliste Steve Menary révèle tout sur les manœuvres de la FIFA pour octroyer le Mondial 2026 aux Etats-Unis sous la bannière de la candidature tripartite (USA, Canada, Mexique).

Tout a commencé le 2 décembre 2010 quand, à la surprise générale, Blatter et compagnie ont accordé le Mondial 2022 au Qatar au détriment des Etats-Unis. L’oncle Sam n’a jamais digéré cet affront et a vivement réagi en démantelant le Comité exécutif de la FIFA, via la FBI et la justice américaine. Plusieurs membres de ce comité, accusés de corruption, ont d’ailleurs été extradés par la Suisse vers les Etats-Unis où ils ont été jugés.

L’ex-patron Sepp Blatter a été épargné pour avoir délivré au FBI les dossiers des membres incriminés. Mais il fut acculé à la démission pour laisser la place à Gianni Infantino, le candidat préféré des Américains. Tout le monde le sait, il n’est là que par la grâce des pays membres de la CONCAF.

Depuis, l’italo-suisse est devenu redevable à ses parrains  et il n’a pas manqué l’occasion de leur rendre la pareille. Le Mondial 2026 vient à point nommé pour qu’il leur fasse un cadeau en usant de tous les subterfuges.
Play the game n’y va pas avec le dos de la cuillère en titrant : «Tout est biaisé bien avant que la nouvelle procédure d’octroi du Mondial 2026 n’ait commencé.»

L’article cite toutes les manœuvres du patron de la FIFA pour avantager les Etats-Unis, voire pour qu’ils organisent la coupe du monde en exclusivité. Infantino a essayé de faire avaler cette couleuvre aux 211 fédérations lors du congrès de la FIFA tenu l'année dernière à Bahreïn. A ce moment, le Maroc n’était pas encore candidat, mais cette manœuvre a été rejetée par la CAF et l’UEFA.

Un camouflet, indique le journaliste Steve Menary, qui n’a pas, pour autant, découragé le président Gianni infantino. Cette proposition n’a pas été retenue, mais il s’ensuivit plusieurs indicateurs, notamment dans la procédure des cahiers de charges, qui avantagent le dossier nord-américain. La FIFA a  commencé par  élargir la coupe du monde  à 48 équipes pour décourager tout autre pays autre que les USA de présenter sa candidature.

L’instance mondiale du football a même poussé l’effronterie jusqu’à rédiger la nouvelle procédure de candidature en anglais seulement, alors que le statut de la FIFA exige qu’elle soit écrite en quatre langues : anglais, français, allemand et espagnol.

Le président de la candidature américaine, qui est membre du comité exécutif de la FIFA (ce n’est pas un conflit d’intérêts ça?) ne cesse d’évoquer la crise financière de la FIFA. Rongées par la corruption au temps de Blatter et la génoise d’Infantino pour garder sa place, les caisses sont vides ou presque. Gulati en profite pour faire la pression sur les pays pauvres: «Les finances de la FIFA dépendent des recettes de la Coupe du monde. Il y a donc un lien direct entre le financement des programmes dans le monde et les revenus générés par cette manifestation…»

Autrement dit,  sans l’organisation de la coupe du monde aux Etats unis, la FIFA ne peut plus faire face aux subventions accordées aux fédérations pour développer le football. Les chaînes de télévision Fox News et Telemundo, qui détiennent déjà les droits TV des Mondiaux 2018 et 2022, ont obtenu ceux de 2026, sans que la FIFA ne passe un appel d’offres.

Et pour estomper tout doute sur le soutien  de la FIFA d’Infantino aux USA, les deux parties ont opté pour le «Win Win» illégal. Un accord de «corruption passive» les lie dans le cas où la candidature tripartie obtient l’organisation de la coupe du monde. Les deux chaînes de télévision, Fox et Telemundo, offriraient alors 302 millions de dollars supplémentaires à la FIFA.

Quand le mur de l’argent est franchi, il ne faut pas s’étonner, outre mesure, que la FIFA aille plus loin dans ses errements. Pour favoriser les Etats-Unis, explique le journaliste de Play the game, Gianni et ses collaborateurs n’ont pas hésité à enfreindre les règles de la FIFA.

On a interdit au président de la CAF, Ahmad Ahmad, de faire une présentation de la candidature marocaine lors du congrès de Casablanca. Quinze jours plus tard, le président de la candidature américaine, Gulati a publié un tweet dans lequel il annonce qu’il a rencontré les 14 membres de la COSAFA (Afrique australe). Pris de court, le jour même, un membre du comité d’éthique de la FIFA a adressé une lettre au Secrétaire général, Fatma Samoura
dans laquelle il lui fait savoir que de telles réunions sont désormais autorisées.

La toute puissante Amérique a enfreint les règles de la FIFA, il fallait donc les annuler pour ne pas être dénoncée par la communauté footballistique mondiale. Cette mascarade devait arriver, car outre Gulati, la FIFA comprend une majorité de cadres nord-américains qui jouent pour leur camp.

Play the game cite plusieurs anomalies qui entachent la procédure de candidature du Mondial 2026 qui avantagent toutes les USA. Elle énumère, entre autres, le choix du vote public au congrès de la FIFA puisque le vote secret serait en faveur du Maroc. Le refus de la proposition marocaine de coorganiser  le Mondial avec l’Espagne qui n’est distante que de 14 km. Il cite les multiples avantages que présente un Mondial au Maroc : Proximité de l’Europe, absence de décalage horaire,  distance réduite entre les villes et autres.

L’auteur de l’article conclut en affirmant que le Maroc a de fortes chances d’engranger la majorité des votes. Mais les dirigeants marocains auront à affronter tous les stratèges du président de la FIFA qui risquent de favoriser la candidature américaine.

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Par Hassan Benadad

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3 commentaires /

  • Lahsenone
    Le 03 Mar. 2018 à 15h01
    C'est bien connu que les US sont les plus grands corrompus au monde, que ce soit avec la corruption passive ou active; et ils n'ont jamais rien fait!
  • mohammed hlal
    Le 03 Mar. 2018 à 14h06
    il serait immoral et injuste que "les Yankees" organisent cette compétition sportive mondiale qui rassemble dans un climat sportif festif tous les peuples et toutes les nations du monde. Selon les lois ségrégationnistes américaines, les peuples des pays "dits de merde" ne sont pas autorisés à accéder au territoire américain. Il est de même pour les supporter des pays musulmans, particulièrement ceux qui n'acceptent l'arrogance démesurée des américains, sans parler des asiatiques qui refusent de se plier aux diktats du montre américains comme les nord coréens et les iraniens.
  • le citoyen
    Le 03 Mar. 2018 à 13h53
    çà finira par accorder cet évenement aux USA car, elles sont puissants avec leurs mensonges et le moyen de corrompre qui refuse, sinon on l'accuse de harcelement sexuelle sur des ânesses, ou des mules. ça c'est les autres qui le disent(qui...............le dollar)
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