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S’il vous plait, arrêtez de nous parler de «round d’observation»!

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Une confrontation comme Bayern–PSG doit être montrée et expliquée à nos commentateurs, mais aussi à nos entraineurs. Ne serait-ce que pour comprendre combien le foot a changé et que l’enjeu n’annule pas le jeu.
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Les commentateurs qui nous parlent encore de «round d’observation» ou de «prise de pouls», pour expliquer un début de match sans relief, peuvent se rhabiller. Cette expression, et surtout cette façon de voir le foot, sont révolues. Has been, comme disent nos amis anglophones.

Quand un match démarre mollement, c’est que les 22 acteurs sur le terrain n’y sont pas. Ils ne sont pas en train de se prendre le pouls ou de s’observer les uns les autres, mais de dormir. Et ce n’est pas normal, parce qu’ils ne sont pas censés dormir mais jouer. Tout simplement.

Le quart de finale de Champions’ League Bayern–Paris est venu nous rappeler, en effet, combien le foot moderne a changé. A l’aller comme au retour, ces matchs ont démarré comme des fusées sur orbite. Ça joue, ca percute, ça prend des risques. Comme une partie de handball ou de basket, où ça va constamment d’un camp à l’autre. Sans se cacher.

Bien sûr, le calcul existe. Le calcul, c’est le sens tactique, c’est la réflexion dans le jeu. Parce qu’on ne joue pas qu’avec les pieds, mais avec le cerveau aussi. Le calcul, ce n’est pas arrêter de jouer mais faire mal à l’adversaire là où il a mal, exploiter ses failles pour l’attaquer. Et pour marquer!

Une confrontation comme ce Bayern–PSG (2-3, 1-0) doit être montrée et expliquée à nos commentateurs, donc, mais aussi à nos entraineurs. Un match, ça dure 90 minutes. Observer ce soi-disant «round d’observation» revient à amputer le match d’un bon quart d’heure. Cela ne se fait pas, c’est du non-sens.

Il est tout aussi aberrant de continuer de dire, ou de penser: «La 1ère mi-temps est pour les joueurs, la 2ème pour les entraineurs». Une pure aberration. Cela n’existe pas, cela n’a aucun sens, et pourtant on continue de l’entendre tourner en boucle dans nos radios et nos télévisions.

Si la 1ère mi-temps était pour les joueurs, et la 2ème pour les entraineurs, on n’aurait pas eu un Bayern–PSG. On aurait vu un Mbappé ou Neymar se cacher ou faire n’importe quoi en 1ère mi-temps. On n’aurait pas vu cette folie dans le jeu, on n’aurait pas regardé cette formidable machine du Bayern qui déroule comme les fameux panzers de la Deuxième Guerre, on n’aurait pas eu droit à ces avalanches d’occasions de but, de frappes sur les poteaux, d’arrêts magnifiques, de corners, de sauvetages…

Toutes ces expressions, et cette façon de voir le foot, étaient en vogue du temps de nos grands-pères, quand la vidéo n’existait pas, avant l’ère internet. Il n’y avait alors aucun moyen, à part le bouche-à-oreille et les coupures de presse, pour connaître l’adversaire, sa manière de jouer, le profil de ses joueurs. Les entames de match ressemblaient donc à un saut dans l’inconnu, on se tâtait effectivement le pouls et on s’observait pendant un bon moment…

Mais tout cela est révolu, le football a changé et continue de changer. Avec plus de jeu. Parce que l’enjeu n’annule pas le jeu. Et n’empêche pas le fair-play et l’esprit sportif de régner de bout en bout. C’est cela le football moderne et, pour tout dire, le football que l’on aime, avec des émotions, des buts, du suspense. Et du jeu, mon dieu, du jeu!

Par Footix marocain
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