Dos au mur, le PJD menace de torpiller les élections de 2021

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Revue de presseKiosque360. Les appels à la révision du mode de calcul du quotient électoral divisent la classe politique. Se sentant visé, le PJD refuse toute réforme de ce paramètre décisif pour la répartition des sièges. Les militants de la Lampe vont jusqu'à faire allusion au boycott des prochaines élections.

Le 04/10/2020 à 17h48

Le quotient électoral est au cœur d'une bataille politique. Certains partis appellent à un nouveau mode de calcul de ce quotient basé sur le nombre des inscrits sur les listes électorales, au lieu du nombre de bulletins de vote valides. Une réforme que le PJD refuse catégoriquement.

Selon le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 5 octobre, le PJD considère les appels pour le changement de calcul du quotient électoral comme une déclaration de guerre contre lui, portée par toutes les instances politiques sous la supervision du ministère de l'Intérieur. En réalité, le PJD craint de perdre les sièges qu'il a obtenus lors des élections précédentes si le système est réformé. Ce qui a poussé plusieurs militants du parti de la Lampe à s'exprimer sur la question, et même à faire allusion à un boycott des élections en cas de réforme du mode de calcul du quotient électoral.

Parmi les militants du parti de la Lampe à s’exprimer, l’ex-ministre Mohamed Najib Boulif. Cité par Al Ahdath Al Maghribia, ce dernier déclare que «quelles que soient les circonstances, les élections ne se passeront pas sur cette base. Nous n'accepterons pas le quotient électoral». Et de s'interroger: «Y a-t-il meilleure créativité en matière de démocratie que celle-ci? Ils nous demandent d’accepter, sinon nous sommes contre le consensus… N’y a-t-il pas au sein des partis politiques qui ont proposé cette réforme, un homme sage?»

L'avis de Boulif est partagé par un autre militant du PJD, Abdellah Bouanou. «Nous n'acceptons pas que les prochaines élections se tiennent sur la base d'un quotient électoral calculé selon le nombre des inscrits aux listes électorales. Nous considérons cela comme anticonstitutionnel», a martelé le parlementaire. Selon le quotidien Al Akhbar, qui a également consacré un article à ce sujet dans son édition du lundi 5 octobre, Abdellah Bouanou a même émis des doutes et des réserves sur la fiabilité des listes électorales en avançant qu'elles contiennent des noms de personnes décédées.

La position exprimée par les deux militants reflète, en réalité, une décision prise lors d'une réunion du secrétariat général de leur parti qui considère que tout quotient électoral qui ne se base pas sur les bulletins valides est anticonstitutionnel. «La révision des lois électorales doit se faire dans le sens de la consécration du choix démocratique et la préservation des acquis, notamment en ce qui concerne le système des listes, ainsi que l’adoption d’un quotient électoral qui encourage la participation et la reddition des comptes politique à travers l'exercice du droit de vote», explique Bouanou cité par Al Ahdath Al Maghribia.

Par ailleurs, le journal explique que les leaders du PJD ont gardé le secret au sujet du contenu des réunions tenues entre le ministre de l'Intérieur et les leaders des partis politiques, exception faite de la question relative au quotient électoral qui a été évoqué par le secrétaire général adjoint du PJD, Slimane El Amrani, dans une déclaration accordée au site web du parti. Le numéro 2 du parti précise que le PJD a clairement exprimé son refus de la révision du mode de calcul du quotient électoral.La bataille politique ne fait que commencer.

Par Fayza Senhaji
Le 04/10/2020 à 17h48