Enseignement supérieur: le Bachelor renvoyé aux calendes grecques

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Revue de presseKiosque360. Lancé pendant quelques mois à peine, le système du Bachelor sera renvoyé aux calendes grecques, voire supprimé définitivement. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 05/01/2022 à 19h47

Le système du Bachelor, lancé pour l’année universitaire 2021-2022 en phase expérimentale au niveau de certaines facultés, aurait été tué dans l’œuf. A peine quelques mois après cette instauration par le gouvernement précédent, le Conseil supérieur de l'Education, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a remis en cause ce système, pointant du doigt son approche et l'ambiguïté de sa démarche au niveau pédagogique et organisationnel. Les interrogations soulevées par le CSEFRS et les recommandations émises dans ce sens ont été retenues par le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Abdellatif Miraoui.

C’est du moins ce qu’il a laissé entendre devant les députés de la commission de l’enseignement à la première Chambre du Parlement, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du jeudi 6 janvier. Dans son intervention, le ministre affirme que «la réforme pédagogique globale reste la règle fondamentale pour améliorer le système de l’enseignement supérieur, son rendement et sa qualité».

Et de préciser que l’avis du CSEFRS a montré que le système du Bachelor était ponctué de plusieurs dysfonctionnements et manquait d’arguments scientifiques et pédagogiques plaidant en faveur du changement de la durée de formation au niveau du premier cycle de l’enseignement supérieur et des Masters. Et d’ajouter que la mise en place de deux systèmes de formation en parallèle dans les établissements d’enseignement supérieur à accès ouvert perturbera la gestion de ces établissements.

Dans le même sillage, Mohamed Derouiche, président de l'Observatoire national du système de l'Education et la formation (ONEF), s’est interrogé sur la décision de l’ancien gouvernement d’instaurer ce système hérité des pays anglo-saxons, sans cadre pédagogique et juridique. Aujourd’hui, a-t-il soulevé, 23.000 étudiants, répartis sur 163 filières de formation dans le système du Bachelor, se trouvent dans une situation ambigüe, sans cadre juridique et sans aucune visibilité, et appellent le ministère de tutelle à revoir ce système avant le deuxième semestre de cette année universitaire 2021-2022.

Par Mohamed Younsi
Le 05/01/2022 à 19h47