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En échec, les médias algériens veulent faire croire à un complot contre l’USMA

USMA-RSB. © Copyright : DR
​C’est bien dommage pour les supporters de l’Union sportive de la médina d'Alger, un des clubs mythiques du football algérien.

Le niveau de dégradation des relations sportives entre le Maroc et l’Algérie a atteint un sommet de l’absurde. Jamais les dirigeants sportifs et les médias du pays voisin n’ont été instrumentalisés comme ils le sont actuellement. Pourtant, la crise de confiance entre les deux pays est quasi permanente depuis 1962, surtout sur le plan politique. La sagesse des gouvernements précédents avait permis aux sportifs de développer des compétitions régionales retransmises en direct via le Maghrebvision, une association des télévisions algériennes, marocaines et tunisiennes. Inspirée de l’Eurovision, cette organisation avait pour mission de maintenir un lien culturel et sportif pour pallier les orientations politiques divergentes des trois pays.

Fort de cette volonté, les dirigeants sportifs ont créé, entre autres, l’Union Maghrébine du Football afin de faciliter et de multiplier les occasions de rencontres sportives. Tous ceux qui ont connu cette période se souviennent des légendes de l’époque: les Marocains Faras et Acila, le Tunisien Attouga et l’Algérien Lahcen Lalmas étaient connus partout au Maghreb. Le nombre important de compétitions régionales leur donnait une grande visibilité.

C’est ainsi qu’a été lancée en 1969 la Coupe Maghrébine des Clubs Champions, qui a connu sept éditions. Cette compétition offrait une opportunité aux clubs qui hésitaient à s’inscrire pour les Coupes Africaines, en raison des coûts prohibitifs des moyens de transport vers les autres pays africains, nécessitant un nombre incalculable de transits avec passage obligatoire par l’Europe. Elle permettait aux clubs des trois pays (Algérie, Maroc et Tunisie) de développer leur compétitivité à l’international dans un esprit de fair-play et de fraternité. On se souvient aussi du tournoi maghrébin des équipes nationales de la police avec des tournois de haute qualité. Il faut noter que le Maghreb se limitait alors aux trois pays anciennement colonisés ou sous protectorat français. Le football en Libye et en Mauritanie était encore à ses débuts.

Cette épopée commune a connu un coup d’arrêt spectaculaire en 1976, en conséquence de la trahison du chef de l’État en poste à l’époque, feu Boumediene. L’idée a été relancée en 2002 sous un autre format avec la création de l’Union Nord-Africaine de Football. Cette confédération régionale, dépendant de la Confédération Africaine de Football, compte cinq fédérations. En plus des trois pays maghrébins, la Libye et l’Égypte s’y sont ajoutées. Elle se caractérise par l’irrégularité de l’organisation des compétitions et agonise malgré quelques tentatives désespérées.

L’atmosphère a beaucoup changé et M. Tebboune, qui se veut l’héritier de Boumediene, ne manque aucune occasion de détruire ce qui pouvait unir. Les médias, qui obéissent au pouvoir en place, se sont lancés dans une campagne hostile, haineuse et stérile contre le Maroc. Les journalistes marocains qui ont côtoyé certains de leurs homologues algériens en charge de cette triste besogne savent que ces derniers ne croient pas un mot de ce qu’ils racontent. Peu importe, ils s’exécutent, parfois avec la conviction des nouveaux convertis. Ils nuisent à des liens parfois familiaux, mais en renonçant à leur éthique, ils savaient dans quel espace ils allaient se mouvoir.

Pour gérer les échecs successifs enregistrés dans ce qu’il convient d’appeler l’affaire de l’USMA (Union Sportive de la Médina d’Alger), ils ont développé de nouvelles compétences en scénarios loufoques bâtis sur des récits fabriqués. N’ayant pas peur du ridicule, ils tentent aujourd’hui de faire croire aux Algériens qu’ils sont victimes d’un complot ourdi par le Maroc et ses relations internationales. Le «Hagrouna» réservé jusqu’à ce jour à la défaite de la guerre des sables prend de nouvelles fonctions pour expliquer les différentes décisions de la CAF et du TAS.

Pourtant, rien n’est plus simple: la RSB devait jouer avec des maillots officiels validés par la CAF. Ils en ont été privés, ce qui est un cas de force majeure dont la conséquence a été la défaite sur tapis vert de l’USMA. Le club marocain a un contrat avec un sponsor avec un cahier des charges. Le maillot proposé par l’USMA, en substitution de son maillot original, est une contrefaçon. L’utiliser aurait exposé la Renaissance de Berkane à des réparations très lourdes et compromis tous ses futurs accords de sponsoring. Il semble que parler de contrat, de cahier des charges et de contrefaçons, c’est aller en terre inconnue pour les médias algériens. La contrefaçon est un sport national, comme le montre la multiplication des chaînes de restauration dotées de fausses enseignes.

C’est bien dommage pour les supporters de l’USMA, un des clubs mythiques du football algérien. Créé la même année que le Wydad casablancais en 1937, il était connu au Maroc sous le nom d’Union Sportive Musulmane Algéroise, un nom abandonné en 1977, date de la dégradation des relations sportives officielles intermaghrébines. Depuis, le club a changé deux fois de nom avant de retrouver son sigle à défaut de son nom original dans un environnement qui a bien changé. On peut dire que le club de l’USMA est victime d’un complot, mais il est l’œuvre des officiels algériens avec le relais de médias complaisants et au garde à vous.

Par Larbi Bargach

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