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Ce lien invisible (mais magique) qui relie le Raja au KAC

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Il fut un temps où les matchs entre le Raja et le KAC étaient qualifiés de «derbies». Parce que les équipes étaient les seules à pratiquer un football technique, romantique, où le beau geste comptait autant, sinon plus, que le score final.
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Le football nous offre parfois de drôles de coïncidences. Le magnifique sacre africain du Raja, hier face aux Algériens de Tizi Ouzou (2-1), intervient un jour à peine après la chute du KAC de Kénitra, rétrogradé parmi les amateurs, en D3.

Y’a-t-il un lien entre les deux événements? Oui, mais il est ténu, c’est un lien de cœur, de nostalgie et d’émotions.

Ceux qui ont grandi avec le foot des années 1970-80 le savent. Le Raja est le club le plus aimé à Kénitra, après le KAC bien sûr. Et le KAC est la seule équipe que les ultras du Raja applaudissaient quand elle se produisait à Casablanca, surtout au stade du Père Jégo.

Au tournant des années 70-80, le Raja n’avait encore jamais été champion du Maroc, malgré son école et son style extraordinaire, et quelques joueurs de très grande classe, à la tête desquels le défunt Abdelmajid Dolmy. Le KAC, de son côté, était en train d’étendre son indiscutable suprématie sur le football marocain, emmené par des joueurs de la classe de Boussati, Jabrane, Anafale (ou Hcina), Bouabid, Bouyahiaoui, etc.

Avec le Chabab de Faras et Acila, le MAS de Zahraoui et Guezzar, sans oublier le Wydad de Larbi et Abdelkhalek, on tenait là la crème de la crème du football national.

Les matchs entre le Raja et le KAC, plus particulièrement, ressemblaient à des «derbies», malgré la distance géographique entre les deux villes. Pourquoi derby ? Parce que les deux équipes pratiquaient un football technique, châtié, où le beau geste comptait autant, sinon plus que le résultat final.  

Certains gardent encore des souvenirs émus de ces matchs où, au milieu de terrain, il y avait d’un côté comme de l’autre des artistes comme Dolmy, Seddiki, N’kila ou Houat. De sacrés manieurs de ballon, qui n’ont pas tous eu toute la lumière qu’ils méritaient. Pourquoi? Parce que la médiatisation des matchs se résumait à de simples «live» radiophoniques, non accompagnés d’images. Et parce que les clubs marocains boycottaient les compétitions africaines.

Si le Raja, aujourd’hui, a fait de l’Afrique «sa» chose, le KAC a été l’un des tout premiers à s’ouvrir réellement sur l‘Afrique, au début des années 1980, sous la présidence du regretté Doumou. Sortis en 1982 par les Algériens de Kouba (1-1 et 1-3), ils atteignirent les quarts l’année suivante…

Voilà. C’était la séquence nostalgie. Retour au présent. Le KAC est aujourd’hui un club amateur qui doit végéter en troisième division. Il sera en bonne compagnie avec d’autres clubs prestigieux comme le CODM de Meknès ou la Renaissance de Settat. En espérant un rapide retour à la lumière…

Quant au Raja, il vient de monter de nouveau sur le toit de l’Afrique, même si ce n’est que la C3 et pas la C1. En attendant un possible sacré dans la Champion’s league arabe, dans quelques semaines…

Le football va vite, vite. Bravo au Raja et hard luck au KAC.

Par Footix marocain
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