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CAN 2023: les raisons de l'élimination des Lions de l'Atlas

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Depuis la finale de 2004 contre la Tunisie, l'équipe nationale du Maroc semble être sous le joug d'une malédiction à la Coupe d'Afrique des Nations. Malgré des performances régulières en phase de groupes de cette compétition continentale, les Lions de l'Atlas peinent à franchir le cap et à réaliser le plus grand exploit, à savoir disputer les demi-finales, une réalité qui persiste depuis plus d'une décennie.

L'espoir avait germé après le succès historique au Mondial qatari, où les Lions de l'Atlas avaient brillamment terminé à la 4e place du tournoi. Cependant, cette euphorie a rapidement cédé la place à l'amertume et à la déception, suite à la sortie prématurée de l'équipe nationale, une fois de plus, par la petite porte.

Cette élimination soulève des interrogations légitimes sur les raisons derrière cette élimination «inattendue» des Lions. Le parcours en dents de scie de l'équipe nationale à la CAN soulève des questions cruciales, notamment sur le choix des joueurs, la gestion de la période post-mondial, et la persistance dans un style de jeu qui semble ne plus être aussi efficace qu'il ne l'a été.

Mauvaise gestion de la période post-mondial
La gestion post-mondial de l'équipe nationale semble être le point de départ de cette désillusion. Après la performance remarquable en terminant à la quatrième place au Mondial qatari, on aurait pu s'attendre à ce que l'équipe capitalise sur cette réussite et se prépare avec diligence pour la CAN. Malheureusement, la fédération a opté pour des matchs amicaux «esthétiques» contre des équipes sud-américaines telles que le Brésil (2-1) et le Pérou (0-0), plutôt que de se concentrer sur une préparation pour une compétition continentale qui échappe au Maroc depuis 1976.

La stratégie de disputer la plupart des matchs, que ce soit en éliminatoires ou en amical, sur le sol marocain a également été un choix contestable. Les trois sorties de l'équipe sur le continent n'ont pas convaincu, avec une défaite face à l'Afrique du Sud et un match nul contre la Côte d'Ivoire (1-1), suscitant des doutes sur le niveau réel du groupe. Seule la victoire contre la Tanzanie (2-0) a apporté un certain réconfort, mais cela souligne l'incapacité de l'équipe à performer en dehors de ses frontières.

Un schéma tactique connu des adversaires
Depuis le Mondial 2022 au Qatar, le schéma tactique de l'équipe nationale du Maroc s'est progressivement transformé en une prédictibilité identifiable par ses adversaires. Les mêmes combinaisons tactiques ont été maintenues, et cette approche a été décryptée par nos rivaux. Regragui a fréquemment opté pour un système de jeu en 4-1-4-1, misant sur le trio Hakimi, Ounahi et Ziyech sur le côté droit. Toutefois, cette régularité dans la composition a permis aux adversaires de mieux anticiper notre stratégie, réduisant ainsi l'efficacité du dispositif tactique. Pour preuve, le sélectionneur de l'Afrique du Sud, Hugo Broos, a réussi à remporter deux victoires contre le Maroc en l'espace de six mois.

Un autre point crucial est la difficulté à réagir après avoir encaissé le premier but, demeure une faiblesse considérable des Lions. Cette lacune a été exploitée à plusieurs reprises, que ce soit en Coupe du monde (contre la France et la Croatie) ou encore sur le continent (face à l'Afrique du Sud et la Côte d'Ivoire), où le Maroc n'est pas parvenu à renverser la tendance après avoir concédé le premier but.

Choix de joueurs convoqués par «affection»
Pour cette 34e édition, les choix de joueurs convoqués ont été effectués avec une certaine affection, soulevant des interrogations légitimes quant à la logique derrière ces sélections.

Pour ce tournoi, Regragui a choisi de convoquer des joueurs qui ne sont pas totalement prêts, certains revenant de blessure et n'ayant pas accumulé suffisamment de minutes de jeu avec leurs clubs respectifs, manifestant ainsi une méforme et un manque de compétition évidents. Lors de la conférence de presse portant sur sa liste des 27 joueurs pour la CAN, Regragui a souligné le cas de Soufiane Boufal en le décrivant comme son joker. Il a déclaré: «Sur une liste de 23 joueurs, il n'aurait pas été sélectionné, mais j'ai confiance en lui et en ses qualités. Je suis persuadé qu'il nous le rendra, Boufal ne nous a jamais déçus en sélection, que ce soit pendant la Coupe du monde ou lors de la dernière CAN».

Un autre choix a été celui de l'arrière droit du Bayern Munich, Noussair Mazraoui, qui s'est blessé au mollet, fin décembre, avec son club. Le staff médical bavarois avait indiqué que Mazraoui serait prêt dans six semaines. Malgré son manque de préparation et de compétitivité, et surtout considérant les conditions météorologiques en Côte d'Ivoire qui ne favorisent pas la sélection de joueurs pas à 100% de leur forme, Regragui a justifié cette décision en précisant: «C'est un joueur qu'on va préparer inchallah. On espère, dans la logique des choses, aller au deuxième tour. À partir du deuxième ou du troisième match de poules, et si Mazraoui peut jouer à partir du deuxième match ou du troisième match, voire les huitièmes de finales… Avec tout le respect et l'humilité qu'on a pour la compétition». 

Par Anas Zabari

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2 commentaires /

  • Mounir
    Le 31 Jan. 2024 à 16h18
    Par affection... C'est tout à fait ça mais autant Boufal et Mazraoui ont justifié leur convocation avec des prestations abouties, autant je n'explique pas la présence de Amallah dans le groupe, en plus dans la peau d'un titulaire. Déjà à la coupe du monde, il était le maillon faible avec Cheddira. Aujourd'hui coach Walid doit tirer les leçons et repartir sur la même base de joueurs mais en éliminant ceux qui n'ont pas leur place sportivement.
  • footoir
    Le 31 Jan. 2024 à 14h55
    Une des grosses erreur c'est d'avoir fait jouer notre meilleur buteur fragile zeyach au dernier match, un nul suffisait ou le faire rentrer le moment opportun.En Afrique il faut être conquérant et jouer avec ses griffes,ne nous sommes pas des lions?si non en quoi nous sommes des lions de l'atlas.
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