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Assurer son avenir… et puis quoi d’autre?

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Il y a longtemps que le Maroc n’a plus «exporté» un joueur dans les meilleurs championnats européens. Il doit y avoir une raison...
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Jusqu’à une époque très récente, quand on demandait à un joueur «local» (qui évolue dans le championnat marocain) quel était son rêve ou son objectif, la réponse était la même: jouer dans un championnat professionnel… pour assurer son avenir. C’est clair, c’est net et même confondant de sincérité (ou de naïveté?).

Il ne rêve pas de gagner la ligue des Champions, ni d’améliorer son niveau de jeu, de se frotter aux meilleurs joueurs du monde, de découvrir d’autres cultures, de voyager, de s’ouvrir l’esprit, de s’enrichir en tant qu’homme. Rien de tout ça. Juste «assurer son avenir», c'est-à-dire garnir son compte bancaire.

Le circuit était d’ailleurs classique. Ceux qui «partaient» (parfois en Europe, plus souvent dans les pays du Golfe) revenaient, en fin de carrière, au volant d’une grosse voiture et investissaient dans l’immobilier ou la petite restauration. La bouffe et le foncier.

Cela rappelle les premières générations d’immigrés marocains, généralement des ouvriers, qui retournaient au bled pour acheter un fonds de commerce et investir dans la petite restauration. C’était là l’expression de leur réussite.

Pourquoi la petite restauration? Pourquoi le foncier? Parce ce sont des valeurs sûres, disent-ils. De la même manière que nos grand-mères investissaient dans l’or (chaines, bagues, ceintures) pour, comme on dit, «parer aux tournures du temps».

Nos joueurs avaient et ont toujours cette culture. Même si les temps ont changé. Et même si les joueurs, enfin pour les plus talentueux d’entre eux, sont devenus de véritables entreprises avec agent et entregent, c'est-à-dire un paquet de personnes qui veillent sur eux et soignent leur image et leur communication.

Question: alors que la Botola est devenue professionnelle et que le championnat marocain est parmi les meilleurs (si ce n’est le meilleur) en Afrique, quel est donc ce joueur local qui a pu s’exporter et réussir une brillante carrière à l’international?

Depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000, il n’y a presque plus personne. Les derniers exemples de réussite sportive de joueurs partis de la Botola, pour s’imposer dans les meilleurs championnats d’Europe, restent la génération des Naybet (Wydad) – Chippo (KAC de Kénitra) – Tahar Lakhlej (Kawkab de Marrakech). Ceux qui ont suivi se sont cassé les dents dans des championnats mineurs… tout en assurant leur avenir social. Maigre consolation pour le football marocain. 

Cela fait presque 20 ans que les meilleurs professionnels évoluant en sélection marocaine sont des purs produits de l’immigration. Nous sommes pratiquement les seuls dans ce cas. L’Algérie et peut-être aussi la Tunisie, deux pays dont les caractéristiques sont assez voisines des nôtres, arrivent encore à exporter leurs pépites dans les meilleurs championnats d’Europe. Le Maroc n’y arrive plus.

C’est une question de talent? Ou de mentalité, d’attitude?

Un garçon aussi prometteur que Abderrazak Hamdallah a collectionné les buts partout où il est passé. Mais personne ne le connait. Pourquoi? Parce qu’il n’a jamais été là où il fallait, il n’a jamais évolué parmi le gratin du football mondial. Parti de Safi sans avoir transité par des clubs qui brillent sur la scène continentale (Raja, Wydad), il a atterri en Norvège, ensuite en Chine, et aujourd’hui dans les pays du Golfe, il a partout brillé mais sans jamais disputer une Ligue des champions européenne ou africaine, ni de Mondial.

Pourquoi? Choix de carrière.

Il y a d’autres exemples, d’autres gâchis, d’autres choix de carrière contestables, hélas. Les derniers en date: Mourad Batna (ancien du FUS et du Hassania d’Agadir) ou Ayoub El Kaâbi (RAC, Wydad), voire Walid Azarou (El Jadida). Partis trop tôt, dans des championnats mineurs, ils plafonnent et n’avancent plus. Cela fait longtemps, d’ailleurs, qu’ils n’ont plus été convoqués en sélection.

Il faut espérer que les jeunes talents de la Botola qui rêvent «d’assurer leur avenir», suivent l’exemple des Aziz Bouderbala, Mohamed Chaouch, Baddou Zaki, Tarik Sektioui. Ou encore Merry Krimau, parti des divisions inférieures de la Botola, avant de disputer la finale de la C3 quelques années plus tard!

Le rêve, c’est de grimper sur le toit du football mondial. De progresser, d’évoluer au plus haut niveau possible. Le reste, c'est-à-dire la réussite sociale, suivra!

Par Footix marocain
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