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Surtout, n’oubliez pas de marquer un but à l’extérieur!

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Pour éliminer les Egyptiens d'Al Ismaily, le Raja doit comprendre pourquoi il a perdu face aux Sénégalais de Teungueth.
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Question: pourquoi le Raja a-t-il été éliminé dès les tours préliminaires de la Champion’s League africaine? Réponse facile, trop facile: parce que la pelouse du complexe Mohammed V était impraticable!

Un grand club comme le Raja, beau champion du Maroc, doit être capable de voir et comprendre mieux les raisons de sa sortie de la C1, qui figurait pourtant parmi ses objectifs. La raison numéro un est que le Raja a mal négocié le match aller à l’extérieur (0-0). Les Verts avaient de la marge pour gagner ou, au moins, marquer ce but à l’extérieur qui leur aurait permis de négocier le retour beaucoup plus tranquillement. Mais ils ne l’ont pas fait!

Au lieu de pousser pour marquer et gagner, le Raja a préféré assurer un bon 0-0 des familles, croyant «avaler» facilement les Sénégalais au retour à Casablanca. Ce raisonnement est bidon, même si la plupart des clubs marocains n’arrivent pas à s’en défaire. Il faut quand même se réveiller, le football moderne a changé, évolué. Plus personne ne bétonne à l’extérieur. Surtout quand on possède les armes pour marquer.

Statistiquement, et au niveau mondial, près de la moitié des équipes qui ramènent un 0-0 en déplacement, se font éliminer au match retour chez eux. Parce que le plus important aujourd’hui, quand on joue le match aller à l’extérieur, n’est pas d’éviter de prendre un but, mais d’en marquer.

Le Raja, pour sa part, a cru naïvement avoir fait le plus dur en ramenant un 0-0 de son déplacement. Tout le monde était content, croyant ne faire qu’une bouchée du FC Teungueth à Casablanca. Même la presse y est allée de son excès de confiance, avec des «experts» incapables de prononcer le nom du club sénégalais, de situer la ville qu’il représente (Rufisque) ou de se renseigner, ne serait-ce que sommairement, sur son histoire.

En réalité, Teungueth, malgré son jeune âge (le club est né en 2010 à peine), appartient au modèle du club lié à un entrepreneur, comme il en existe un peu partout en Afrique. Les Egyptiens d’Arab Contractors ou les Congolais de Mazembe en sont les exemples les plus réussis. Teungueth veut marcher sur leurs traces. Promu dans l’élite sénégalaise il y a à peine quatre ans, il a déjà gagné une coupe, a failli devenir champion la saison dernière (Teungueth était largement en tête quand le championnat a été suspendu, puis annulé, à cause du Covid-19), et a l’objectif de rejoindre le giron des grands d’Afrique dans les années à venir.

Y arrivera-t-il comme Mazembe et les autres? On verra. Mais le club a des ambitions, y compris africaines. En éliminant le demi-finaliste de la dernière C1, il vient, en tout cas, de s’accorder le droit de rêver.

En héritant de Teungueth, le Raja était tombé sur un os. Mais, a priori, il ne le savait pas… 

Pour revenir à ce fameux match retour à Casablanca, et au-delà du scandale de la pelouse (pour lequel le Raja est en droit de demander l’ouverture d’une enquête), Teungueth a mérité sa qualification. Contrairement aux Verts, les Sénégalais étaient concentrés: ils ont bien défendu, avant de s’imposer facilement aux tirs au but. Bonne route à eux.

Quant au Raja, il doit se poser les bonnes questions. Le club était-il réellement armé pour faire mieux que la saison dernière, quand il avait atteint les demies? Il suffit de regarder le mercato des Verts pour en douter: ils ont laissé filer leur capitaine (Banoun, parti à Al Ahly) et leur meilleur attaquant (Aheddad, dont ils n’ont pas pu racheter le contrat au Zamalek). Pour les remplacer, le Raja a misé sur deux joueurs de Botola, sans grand vécu international, arrivés libres d’El Jadida (Hadhoudi) et Oujda (Sadaoui).

Evidemment, le contexte du Covid-19 a imposé partout des restrictions budgétaires. Mais cela n’explique pas le mercato frileux du Raja, qui ne ressemble pas à celui d’un potentiel champion d’Afrique…

Retour sur terre donc pour les champions du Maroc, qui devront se recentrer sur deux objectifs probablement plus abordables: la coupe de la CAF, qu’ils ont déjà gagnée il y a deux ans, et surtout la Champion’s League arabe où ils sont à 90 minutes de la grande finale. Cela tombe bien, ce soir ils affrontent les Egyptiens d’Al Ismaily à Marrakech (0-1 à l’aller). Il y a 11 mois, ils avaient perdu le match aller en Egypte, parce qu’ils ont ouvertement misé sur un 0-0, là où ils avaient les moyens de gagner…

Pourvu qu’ils n’aient pas à le regretter!

Par Footix marocain
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