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Un match, c’est un scénario qui n’est pas écrit

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Une très belle série raconte l’histoire du football et le secret de sa popularité. A ne pas rater!
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Savez-vous que le football, à l’origine, est un sport de riches? Eh oui, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le ballon rond, variante et dérivé du ballon ovale (rugby), a été créé par une bande d’amis, tous des «fils de». Ils ont mis en place des règles, des codes, «par eux et pour eux» et ils se sont lancés.

La naissance du football rappelle quelque peu celle de Facebook, un siècle et demi plus tard. La première s’est passée en Angleterre, la deuxième aux Etats-Unis. Dans les deux cas, nous avons une bande de jeunes aristos, en train d’obtenir de grands diplômes universitaires, qui mettent au point un jeu nouveau. Ça a commencé «entre eux» et ça a débordé pour devenir l’affaire du monde entier.

Dans les deux cas, le détonateur commun s’appelle le partage. Et l’appropriation.

Le football des origines a mis du temps avant d’arriver chez la classe ouvrière, les pauvres, les chômeurs, le «peuple». La Première Guerre Mondiale l’a fait voyager et rendu populaire. La suite, on la connait. Des compétitions nationales, ensuite continentales, et puis mondiales.
Mais chaque pays, voire chaque individu a sa propre histoire avec le football.

Au Maroc, par exemple, le football a été un outil de résistance face au colonialisme. En Algérie aussi. En Amérique du Sud, le football s’est dressé contre les dictatures.

Mais en Angleterre, berceau du ballon rond, il a fallu lutter pour sortir le football de son petit cadre initial, celui des gentlemen et de la haute société. Il a fallu le transmettre comme un flambeau à d’autres milieux.
Ce fut tout, sauf simple.

Le déclic, ce détail qui a tout changé, c’est le jour où les inventeurs de ce sport se sont rendus compte qu’un match, simple amusement pour eux, était quelque chose de très important pour d’autres personnes, beaucoup plus nombreuses: le public, les supporters.

Ils paient, ce qui permet de créer une industrie. Ils s’identifient, ils s’approprient, ils vibrent, au point où le football est vite devenu indispensable pour ceux qui le suivent, encore plus que pour ceux qui le pratiquent.

L’autre secret de la réussite phénoménale du football, et qui explique que tant de gens arrêtent tout, suspendent toute activité, pour suivre un match de football, c’est que le scénario d’un match n’est jamais écrit à l’avance. On a beau prévoir, analyser, pronostiquer, rien ne marche comme prévu.

Un match, c’est un scénario qui n’est pas écrit. Assister à un match en direct, ça veut dire participer à l’écriture du scénario, c’est un plaisir incomparable, un vrai euphorisant. Et c’est pour cela, dit au passage, qu’en dehors des séquences de but, personne n’a envie de revoir un match dans son intégralité…

Je vous parle de tout cela parce qu’il y a une série toute nouvelle, à peine mise en ligne, et que les amateurs de football devraient absolument voir. Cela s’appelle «The English game». Une saison, six épisodes, pour suivre les premiers pas d’un sport à la destinée extraordinaire.

Sans prétention, mais avec un vrai sens de la narration, «The English game» nous entraîne dans un petit comté de l’Angleterre victorienne. Eton, le club qui a tout inventé et qui est tenu par de jeunes aristocrates, fait tout pour repousser la menace de deux clubs d’ouvriers: d’abord Darwen, ensuite Blackburn (qui joue aujourd’hui en Championship, la deuxième division anglaise).

Sur fond de luttes de classes, la série nous invite à suivre les aventures d’un certain Suter, peut-être le premier footballeur professionnel (payé pour jouer) de l’histoire, ses transferts, ses amours, sa vie de famille…

En parallèle, c’est la naissance du football que l’on suit, son évolution, les règles qui changent. Au début, par exemple, les transferts étaient interdits, tout comme les changements en cours de match. Sans oublier que les penalties n’existaient pas…et les filets non plus.

Bref, si le cinéma n’a toujours pas rendu justice au football, puisque les films dédiés à ce sport ont tous été reléguées aux oubliettes de l’histoire, cette série nous prouve que, oui, le football peut être filmé avec bonheur…
Idéal pour rester en contact avec le monde de la «sphère» par ces temps de confinement.

Par Footix marocain
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