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Le retour des FAR, une bonne nouvelle pour le football marocain

Hamza Igamane, attaquant de l'AS FAR. © Copyright : AS FAR
Feu Hassan II, un fervent amateur et connaisseur du football, voulait faire des FAR une locomotive, un exemple. C’est allé au-delà de ses objectifs parce qu’encore aujourd’hui, la section féminine du club booste cette catégorie au Maroc.

Les Forces Armées Royales, l’AS FAR aujourd’hui, est un club mythique du football marocain. Après de longues années de disette, il revient au premier plan pour animer la «Botola». C’est une excellente nouvelle pour le football national, qui ne peut pas se contenter des seuls WAC et Raja pour son développement et à sa notoriété. Il est aussi vrai que la Renaissance Sportive de Berkane et le FUS de Rabat ont émergé ces dernières années, avec d’autres, et ont brillamment représenté le Maroc en Afrique. Mais si la «Botola» a une telle cote, c’est en partie au travail de fond des dirigeants de ces deux clubs qu’on le doit.

Dans le cas des FAR, c’est tout de même spécial. D’abord, c’est un club qui dispose de troupes, c’est-à-dire d’un potentiel supporter extrêmement riche et important. Jadis club institutionnel, il dispose dorénavant d’un ancrage local très puissant dans les quartiers périphériques de Rabat. Longtemps en flirt avec la violence et le hooliganisme, le public de l’AS FAR semble s’être assagi, il rivalise avec les publics les plus connus et déploie des tifos très créatifs, à l’instar des publics du WAC et du Raja, longtemps seuls dépositaires de cette forme de soutien au Maroc.

Ensuite, ce club a une histoire et un palmarès. C’est le premier club du Royaume à avoir gagné une Ligue des champions africaine en 1985, le premier à avoir participé à cette coupe en 1967-68, atteignant les demi-finales contre le TP Englebert, le célèbre club congolais. Il a aussi représenté dignement le Maroc en Coupe Mohammed V avec des victoires mémorables contre le Real Madrid, le Standard de Liège, etc.

Enfin les FAR ont été un réservoir permanent pour l’équipe nationale marocaine. Leurs joueurs constituaient l’ossature de l’équipe nationale en 1970, lors de la première participation du Maroc en Coupe du monde. C’était la première fois qu’un pays africain issu des qualifications participait à ce RDV du football mondial. En 1986 aussi, pour la première fois, un pays africain est sorti de la phase de groupes. C’était devant la Pologne (3ème du Mondial précédent), l’Angleterre et le Portugal, dont l’ossature était composée de 7 joueurs de Porto. Porto qui sera champion d’Europe l’année suivante, face au Bayern.

Feu Hassan II, un fervent amateur et connaisseur du football, voulait faire des FAR une locomotive, un exemple. C’est allé au-delà de ses objectifs parce qu’encore aujourd’hui, la section féminine du club booste cette catégorie au Maroc. Il aimait le WAC, symbole du combat pour l’indépendance, mais en tant que Roi, il fallait rester au-dessus de la mêlée, un peu comme Sa Majesté lorsqu’il a lancé l’Académie Mohammed VI pour donner un nouvel élan au football national.

Feu Hassan II s’était, à l’époque, inspiré de l’Europe. En effet, le début des années 50 a été marquée par une multiplication des clubs sportifs militaires. Le CSKA Moscou (Club Sportif Central de l’Armée), en ex-URSS, représentait l’Armée rouge. Le CSKA Sofia, créé sous le patronage de l’armée en Bulgarie, remportera le doublé Coupe-Championnat en 1951 et participera à la Coupe d’Europe en 1956. Le Partizan de Belgrade, deuxième club le plus titré du football serbe, créé par des officiers de l’Armée populaire yougoslave, sera finaliste de la Ligue des champions en 1966. Sans oublier le bataillon de Joinville (France), dont l’équipe de football a participé à trois saisons du championnat français entre 1967 et 1970.

Ces clubs existent toujours, mais pour gagner en popularité, ils se sont écartés de la tutelle militaire, à l’exception de l’AS FAR qui, tout en restant militaire, a vu sa popularité croître. Son identité sociale lui a valu une légitimité incontestable dans les milieux sportifs. Elle est oubliée, l’époque où les clubs militaires se renforçaient par la conscription. Lorsqu’un joueur ne voulait pas rejoindre l’équipe, il était convoqué pour le service militaire. Aujourd’hui, le club respecte la loi de l’offre et de la demande et se range aux décisions de la FRMF et de la Ligue avec fair-play et sportivité. C’est un bon message envoyé au football marocain, il n’y a pas de club supérieur à un autre, seul le travail et le sérieux comptent. C’est aussi pour ça que c’est une bonne nouvelle.

Par Larbi Bargach

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