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Les leçons d’un match de foot

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Des Allemagnes à battre, des Everest à gravir, des virus à anéantir, ce n’est pas ça qui manque.
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J’aime bien le football –personne n’est parfait. Hier, j’ai regardé le match Espagne-Allemagne, qui comptait pour la Ligue des Nations de l’UEFA. Les aficionados le savent: la rencontre s’est terminée sur le score sans appel de 6-0. Ça a l’air d’une faute de frappe, ce n’en est pas une.

C’est la première fois que je vais consacrer tout un billet au ballon rond. Il y a une raison et même plusieurs, vous allez voir.

Ce match devrait être montré partout. Si vous avez l'occasion de le revoir en entier, faites-le. Vous verrez quelque chose de très instructif.

Après quelques minutes, l'Espagne perd son capitaine et meilleur joueur, Sergio Ramos, sur blessure. Au lieu de se décourager, les autres joueurs passent tout le match à jouer collectif: que des passes, des mouvements d’ensemble, presque jamais une action personnelle pour la frime ou un dribble inutile. A l’arrivée: 6-0 contre la puissante Allemagne et le meilleur gardien du monde, Neuer.

C'est une démonstration quasi-mathématique. De quoi? D’abord, on vient de le voir, de l’efficacité de l’esprit d’équipe, disons même: de l’esprit de corps. Pour une fois, cette “asabiyya“, comme dirait Ibn Khaldoun, était du côté ibère. D’habitude, ce sont les Teutons qui déboulent sur la pelouse comme une division de Von Manstein, compacts, soudés, invincibles.

Leçon pour nous: la discipline, ça s’apprend. Il n’y a pas de fatalité de l’indiscipline, de l’anarchie, de la fawda pourchassée en vain par le caïd (à en croire Hoba Hoba Spirit). Hier, les Espagnols étaient plus Allemands que les Allemands. A méditer.

Quand j’étais petit, j’entendais parfois l’expression “ce pouilleux d’Espagnol“ dans les rues de Casa ou d’El Jadida. Quelques décennies plus tard, ces “pouilleux“ ont le réseau TGV le plus long d’Europe, des villes belles et propres, des universités prestigieuses, une médecine de pointe. Et ils se permettent de battre l’Allemagne 6-0.

Il doit y avoir un lien entre tout ça.

Résumons. Ils entrent sur le terrain et subissent immédiatement un revers (la sortie de Ramos). Ils serrent les dents, se concentrent, jouent soudés, comme un seul corps, comme ce “cœur innombrable“ dont parle le poète. Et ils pulvérisent l’adversaire.

A méditer. Ça dépasse le football. Et c’est très actuel, en ce qui nous concerne. Des Allemagnes à battre, des Everest à gravir, des virus à anéantir, ce n’est pas ça qui manque.

A nous de jouer.

Par Fouad Laroui
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