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L’importance des coups de pieds arrêtés dans le football moderne

Brahim Diaz face à l'Angola, le vendredi 22 mars 2024 au Grand stade d'Agadir. © Copyright : DR
Rarement une équipe nationale marocaine n’avait disposé de joueurs aussi doués techniquement et capables de provoquer, par le dribble, n’importe quel défenseur adverse.

Une hirondelle ne fait pas le printemps dit l’adage, ce n’est pourtant pas l’impression que l’on avait autour du Stade d’Agadir avant que ne débute le match amical de préparation qui a opposé le Maroc à l’Angola. L’engouement et l’émotion du public autour de la présence de Brahim Abdelkader Diaz, l’étoile montante du Real Madrid, était plus que palpable.

L’équipe nationale a certes son public, même lorsqu’il a été déçu par ses prestations, il ne l’a jamais lâché. Le sentiment patriotique reprend toujours le dessus, d’autant que pour ce match le contexte était approprié. Les soirées ramadanesques favorisent les virées en famille avec femme et enfants. L’opportunité de voir un match de gala est toujours une occasion à saisir. L’Angola a terminé en tête de son groupe lors de la CAN 2024 devant le Burkina Faso et la Mauritanie, adversaire de ce soir, loin devant l’équipe nationale algérienne, dernière du classement. 

Pourtant, beaucoup de supporters des Lions de l’Atlas sont venus pour Brahim et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne les pas déçus. On peut même dire qu’il a coché toutes les cases. Il a brillé en montrant toutes les facettes de son talent et elles sont nombreuses. Sa conduite de balle, sa capacité à sortir des situations les plus compliquées, son sens de la passe, des combinaisons, ses coups-francs et surtout la pression qu’il met sur le porteur du ballon ont définitivement conquis le public marocain, qu’il soit présent dans le stade ou devant les écrans de télévision. A la fin du match, certains supporters séduits et même enthousiasmés par sa prestation n’ont pas hésité à le surnommer le «Messi marocain».

Ce n’était pas la seule satisfaction de cette rencontre. Le jeune Monégasque Eliesse Ben Seghir a également crevé l’écran par ses dribbles, ses provocations et son allure. Sa jeunesse, largement reflétée par le naturel de son visage et la générosité de son engagement, a fait mouche. On peut lui prédire un bel avenir lorsque ses tentatives de jeu en triangle trouveront du répondant. Ce n’est qu’une question de séances d’entraînement. Il sera efficace et agréable à voir jouer lorsque tous les automatismes collectifs du onze marocain seront au point.

Ces deux joueurs ont pesé sur le jeu, le spectacle et la rencontre. Ils étaient bien soutenus par une floppée de nouveaux joueurs, tous aussi convaincants les uns que les autres. En quelques minutes les Amir Richardson, Oussama El Azzouzi, Ilias Akhomach, Bilal El Khannouss, ont rassuré. On le savait pour Bilal, plus jeune finaliste marocain en Coupe du Monde de l’histoire, même s’il s’agit de la petite finale, on le découvre pour les autres. Dès ce mardi, on verra probablement à l’œuvre d’autres valeurs prometteuses, Chadi Riad, Amine Adli, Youssef Enriquez ainsi que les valeurs sûres de la Coupe du Monde 2022.

Rarement une équipe nationale marocaine n’avait disposé de joueurs aussi doués techniquement et capables de provoquer, par le dribble, n’importe quel défenseur adverse. Brahim Diaz, Ben Seghir, Ounahi, Boufal, Ziyech, Rahimi, dont le retour a fait le plus grand bien à l’équipe, sont des artistes très performants dans les duels. Ils sont capables de porter le danger au sein de n’importe quelle défense adverse, même les plus regroupées.

Leurs qualités les exposent aux fautes adverses. On l’a vu pour Brahim dont le pied était ensanglanté à la fin du match avec un record de 8 fautes subies. Le souci, c’est que la multitude de coups-francs et de corners dont les Marocains ont bénéficié n’ont pas été exploités. Un gâchis et ce n’est pas une affaire de talents mais plutôt de préparation. On l’a vu lors du match France-Allemagne de samedi dernier. Les Allemands ont marqué un but record au bout de 7 secondes de jeu. Un but marqué dès l’entame du match avec une passe en profondeur de Toni Kroos, transformée en but par le jeune Wirtz. Cette action n’a rien de spontanée. Elle a été répétée des dizaines de fois à l’entraînement, selon la presse allemande.

C’est aussi ça le football moderne. Savoir débloquer une rencontre. Pour cela le talent ne suffit pas toujours, il faut aussi du travail, des combinaisons de jeu, une mise en place, de la préparation et de la discipline. Les coups de pieds arrêtés doivent être rentabilisés et transformés en buts ou tout au moins en situation dangereuse pour l’adversaire. A défaut, les qualités de l’effectif des Lions de l’Atlas seront stériles et se limiteront à la possession du ballon. Les joueurs techniques de l’équipe nationale seront livrés à l’anti-jeu des défenseurs adverses du moment que leur engagement, «borderline» restera sans conséquence sur le score. Lorsque leurs adversaires comprendront que tout coups de pied arrêté signifie danger imminent, ils hésiteront à les agresser.

On peut s’attendre à des changements sur ce registre et faire confiance au staff technique qui va mettre de l’ordre dans cet aspect du jeu. Les joueurs en charge de tirer les corners et tous les autres coups de pied arrêtés doivent être correctement désignés à l’avance pour éviter le semblant de rivalité qui a semblé opposer, un moment, les mandarins du groupe avec sa nouvelle star. Cette composante importante du jeu peut devenir essentielle face à des équipes complétement recroquevillées devant leur gardien de but. C’est aussi ça le football moderne.

Le Maroc n’est qu’à la première étape d’un défi immense, remporter la Coupe d’Afrique des Nations prévue à domicile en 2025 et se qualifier à la prochaine Coupe du Monde 2026. Il ne faudra rien négliger pour le relever.

Par Larbi Bargach

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