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Hey les gars, le foot n’est pas la guerre!

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Mais où va-t-on comme ça? Qu’est-ce que c’est que ce football et cette mentalité?
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Ceux qui ont assisté au soi-disant classico, WAC-FAR, disputé vendredi soir (3-0), ont dû perdre leur latin. Surtout les puristes du foot, ceux qui aiment et supportent avant tout le jeu et les équipes qui produisent du jeu.

Dès les premières minutes, les joueurs militaires semblent ultra-énervés, prêts à dégoupiller au moindre prétexte. Contacts rugueux, engagement excessif, protestations à chaque coup de sifflet, actes d’anti-jeu, etc. Mais qu’est-ce qu’ils ont? Que leur arrive-t-il donc? Pourquoi tout ce cirque, cette brutalité, cet énervement? Que cherchent-ils au juste? Pourquoi ne se concentrent-ils pas sur leur jeu, sachant qu’ils en sont capables…

9ème minute, Muaid Ellafi, le lutin libyen, est victime d’un véritable attentat aux abords de la surface. Un tacle assassin, les deux pieds joints et tendus. Dans le jargon, on appelle ça un «manchar», c’est-à-dire un coup de scie.

L’arbitre, M. Tamsamani, siffle le coup franc. Mais, dans le feu de l’action, il ne réalise pas la gravité de l’acte. Ellafi n’arrive pourtant pas à se relever et ressemble à un accidenté de la route. Le jeu est arrêté et les arbitres de la VAR rappellent Tamsamani. Les militaires sont déjà sur les dents. L’arbitre va à la vidéo et il n’hésite pas. Rouge direct. C’est la moindre des choses.

S’il y avait une sanction supérieure au rouge, l’auteur de l’attentat, Anouar Tarkhatt, ne l’aurait pas volée. C’est le genre de gestes qui ternissent l’image du foot. Ils peuvent briser la jambe et la carrière d’un joueur. Ils risquent aussi de provoquer un embrasement dans les tribunes et une bagarre générale, qui peut se poursuivre à la sortie du match et dans les rues de la ville.

Tout cela est évident. Et tellement évitable. Parce que stupide et gratuit.

Mais notre ami Tarkhatt et ses coéquipiers crient à l’injustice. Indécent et intolérable. Ils entourent l’arbitre et sont sur le point de l’agresser. Tarkhatt lui-même mettra plusieurs minutes avant de daigner quitter l’aire de jeu. Et il va jusqu’à tirer rageusement dans des bouteilles d’eau, à l’approche des tribunes. Pendant ce temps, le pauvre Ellafi, comme un blessé de guerre, est sur le point d’être évacué à l’hôpital…

Au lieu d’avoir une pensée ou un geste pour le grand blessé, le défenseur a une attitude de défi, de déni, qui peut provoquer le pire. Allez savoir ce qui s’est passé ensuite dans le couloir des vestiaires…

Nous sommes passés, vendredi, tout près d’une catastrophe humaine. Par la faute, disons-le clairement, du comportement totalement déplacé de certains joueurs.

Arrêtons, donc, de nous en prendre au public des stades, même si certaines franges ne sont pas toujours irréprochables. Blâmons et surtout sanctionnons les joueurs et les encadreurs qui font parfois tout pour foutre le bordel. Et ils sont légion.

Protégeons aussi les arbitres, comme ce courageux M. Tamsamani, qui paraissait bien seul, et qui a eu le tact nécessaire pour mener à son terme une partie qui aurait pu déraper et basculer dans le pire.

C’est une triste publicité pour le football marocain et pour la Botola, qui méritent mieux. Un mieux que nous ont fourni, fort heureusement, Berkane et Soualem dès le lendemain, avec l’excellent match du samedi conclu ponctué de 7 buts. Un score rare (4-3), du jeu, et surtout un excellent esprit sportif. Que du «normal», en somme.

La Botola doit prendre le chemin de ce RSB–JSS, ouvert et spectaculaire, plutôt que de ce WAC–FAR qui ressemblait à un règlement de comptes entre caïds du coin.​

Par Footix marocain
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